IRP

Au 1er janvier 2020, les instances représentatives du personnel que nous connaissions jusqu’à présent (délégués du personnel, comité d’entreprise et CHSCT) cesseront d’exister. Elles seront remplacées par le Comité Social et Economique (CSE), à condition, bien évidemment, que celui-ci ait été mis en place.

Les entreprises qui estiment qu’elles pourraient être contraintes de solliciter l’ouverture d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire), au début de l’année 2020, ne doivent pas négliger cette étape.

En effet, l’ouverture mĂŞme de la procĂ©dure collective, nĂ©cessite de mobiliser le CSE et ce Ă  double titre :

Le CSE doit être informé et consulté

Le Code du travail prévoit explicitement l’obligation de consulter le CSE, des entreprises d’au moins 50 salariés, avant l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire (C. trav., art. L. 2312-53).

Il est Ă©galement conseillĂ© de mener cette procĂ©dure en matière de sauvegarde judiciaire. En effet, mĂŞme si aucun texte ne le prĂ©cise de manière spĂ©cifique, les dispositions gĂ©nĂ©rales relatives au CSE, prĂ©voient que cette instance doit ĂŞtre consultĂ©e au sujet des questions intĂ©ressant « la marche gĂ©nĂ©rale de l’entreprise Â» (C. trav., art. L. 2312-8).

Le CSE doit également désigner des représentants habilités à être entendus par le tribunal

Le CSE doit dĂ©signer, parmi ses membres, un ou plusieurs reprĂ©sentants. Ces reprĂ©sentants (qu’il ne faut pas confondre avec le reprĂ©sentant des salariĂ©s) pourront ĂŞtre entendus par le tribunal, Ă  plusieurs occasions, et notamment lors de l’audience au cours de laquelle il sera statuĂ© sur l’ouverture de la procĂ©dure collective (C. com., L. 661-10 ; C. trav., art. L. 2312-54).

Les sociétés qui n’auraient pas mis en place un CSE au 1er janvier 2020 ne pourraient donc pas remplir leurs obligations vis-à-vis de leur représentation du personnel et s’exposeraient, de ce fait, à de réelles complications (risque de blocage de la procédure, risque d’action en délit d’entrave…). Il est, toutefois, toujours temps de les éviter.

Remarque : le seuil d’effectif Ă  partir duquel, la dĂ©signation des reprĂ©sentants du CSE doit intervenir est incertain. A la lecture du Code du travail (C. trav., art. L. 2312-54), cette règle ne s’applique que dans les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s. Toutefois, selon le Code de commerce (C. com., L. 621-1) elles devraient Ă©galement s’appliquer dans les entreprises de 11 Ă  50 salariĂ©s. En l’absence de prĂ©cision sur ce point, la plus grande vigilance est donc nĂ©cessaire.