Emploi

Depuis la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle tout employeur, a l’obligation d’organiser des entretiens professionnels.

L’entretien professionnel doit permettre d’envisager les perspectives d’évolution professionnelle du salariĂ© (qualification, emploi, besoins de formation, informations relatives Ă  la validation des acquis de l’expĂ©rience (VAE)). La loi du 5 septembre 2018 « pour la libertĂ© de choisir son avenir professionnel Â» apporte des modifications Ă  ce dispositif.

De nouvelles périodicités possibles

L’entretien professionnel doit ĂŞtre menĂ© tous les 2 ans Ă  compter du jour de l’embauche, ainsi qu’à l’issue de certaines absences (ex. congĂ© maternitĂ©, congĂ© sabbatique, congĂ© parental d’Ă©ducation, …)

Tous les 6 ans, un état récapitulatif doit être réalisé. Il comporte la liste des entretiens professionnels du salarié, recense les formations suivies ou les éléments de certification acquis le cas échéant, et retrace la progression salariale et professionnelle du salarié.

Remarque : pour les salariĂ©s prĂ©sents dans l’entreprise en 2014, les premiers entretiens rĂ©capitulatifs devront ainsi ĂŞtre rĂ©alisĂ©s avant mars 2020.

La loi « avenir Â» permet, par accord collectif d’entreprise (ou Ă  dĂ©faut de branche) de dĂ©roger Ă  la pĂ©riodicitĂ© de 2 ans pour la rĂ©alisation des entretiens professionnels. Par ailleurs, s’agissant des entretiens de retour d’absence, le salariĂ© peut dĂ©sormais demander Ă  le rĂ©aliser avant sa reprise de poste.

Contenu des entretiens : nouvelles obligations

Les informations suivantes doivent dĂ©sormais ĂŞtre communiquĂ©es au salariĂ© : relatives Ă  l’activation du compte personnel de formation (CPF), aux abondements que l’employeur est susceptible de financer, au conseil en Ă©volution professionnelle.

L’entretien professionnel doit donner lieu Ă  la rĂ©daction d’un document Ă©crit dont une copie est remise au salariĂ©. Les « matrices Â» utilisĂ©es jusqu’à prĂ©sent doivent ĂŞtre ajustĂ©es ; ce qui permettra Ă  l’employeur de faire la preuve de la communication de ces informations au salariĂ© si besoin.

Une nouvelle information des IRP

Dans le cadre de la consultation annuelle sur la politique sociale, les dispositions issues de la loi « Avenir Â» prĂ©voient que l’employeur doit mettre Ă  disposition du CSE dans la base de donnĂ©es Ă©conomiques et sociales (BDES) des informations sur la mise en Ĺ“uvre des entretiens professionnels et des Ă©tats des lieux rĂ©capitulatifs.

Mise en Ĺ“uvre de l’abondement « sanction Â» du CPF

Dans les entreprises de plus de 50 salariĂ©s, l’employeur est tenu d’abonder le CPF des salariĂ©s n’ayant pas bĂ©nĂ©ficiĂ©, au cours des 6 ans prĂ©cĂ©dents l’entretien rĂ©capitulatif :

  • Des entretiens professionnels biennaux
  • Et d’une action de formation (autre que celles conditionnant l’exercice d’une activitĂ© ou d’une fonction).

Selon un projet de décret, le montant de l’abondement pourrait s’élever à 3.000€ par salarié.

Remarque : Avant la loi « Avenir Â» l’abondement n’était pas dĂ» si le salariĂ© avait bĂ©nĂ©ficiĂ© :

  • des entretiens biennaux
  • et d’au moins 2 des 3 mesures suivantes : action de formation ou acquisition d’une certification par la formation ou la VAE ou bĂ©nĂ©fice d’une progression salariale ou professionnelle.

Désormais, la progression salariale ou professionnelle ne permettra plus de s’exonérer de l’abondement sanction. Les salariés devront avoir bénéficié d’au moins une action de formation au cours des 6 années précédant l’entretien récapitulatif.

Cela signifie en pratique que les salariés présents à l’effectif de l’entreprise lors de l’entrée en vigueur de la loi du 5 mars 2014, devront avoir bénéficié d’au moins une action de formation au plus tard le 5 mars 2020.