Contrat de travail

InterrogĂ© par un sĂ©nateur soulignant que l’obligation de dĂ©pĂ´t dĂ©matĂ©rialisĂ© aurait dĂ» intervenir depuis le 1er juillet 2023 pour les entreprises dont l’effectif est supĂ©rieur ou Ă©gal Ă  150 salariĂ©s (1er juillet 2024 pour un effectif infĂ©rieur), le ministre du Travail a rappelĂ© avoir saisi en dĂ©cembre 2022 l’Inspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales (IGAS), afin d’expertiser toutes les solutions possibles dans le strict respect des principes fixĂ©s par l’ANI de dĂ©cembre 2020.

Le Ministre a ensuite indiquĂ© que les travaux menĂ©s par l’IGAS, Ă  l’issue d’une large consultation des parties prenantes, confirment les difficultĂ©s liĂ©es Ă  la mise en oeuvre opĂ©rationnelle de ce portail (voir « DUERP : oĂą en est l’obligation de dĂ©pĂ´t dĂ©matĂ©rialisĂ© ? »)

Le rapport de l’IGAS (datĂ© de mai 2023) est dĂ©sormais disponible (en pièce jointe Ă  tĂ©lĂ©charger ci-dessous). L’IGAS souligne qu’ « après une analyse sur les plans mĂ©tier, informatique, financier et de sĂ©curitĂ©, le rapport identifie des difficultĂ©s très fortes Ă  la mise en place du portail numĂ©rique de dĂ©pĂ´t, conservation et mise Ă  disposition des DUERP et prĂ©conise son abrogation au profit d’une solution alternative.

« Du fait de l’objet même du DUERP, la mission conclut à l’infaisabilité de la fonction de mise à disposition automatique du document unique par le gestionnaire du portail, à l’inopportunité d’une simple fonction de dépôt et de conservation, à l’impossibilité d’estimer les coûts de gestion et à un risque élevé de cybersécurité.

Compte tenu du faible apport informationnel des DUERP sur les expositions professionnelles, le bilan bénéfices-risques du portail numérique apparaît par conséquent tout à fait dissuasif. »

(Rapport IGAS, extrait)

Le rapport recommande finalement « de revenir à un régime de tenue à disposition du DUERP par l’employeur, afin de conserver au document son caractère interne à l’entreprise et de protéger en particulier le secret des affaires. »

L’IGAS recommande par ailleurs « d’inclure la mise en Ĺ“uvre des nouvelles obligations dans le rapport annuel santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail soumis au comitĂ© social et Ă©conomique et de doter l’inspection du travail d’une sanction administrative« , après avoir relevĂ© que la part d’entreprises respectant l’obligation du DUERP stagne en-deçà de 50%.

Rappelons que dans l’attente d’une Ă©ventuelle abrogation du dĂ©pĂ´t dĂ©matĂ©rialisĂ© et de son remplacement par une autre solution, l’employeur conserve les versions successives du DUERP au sein de l’entreprise sous la forme d’un document papier ou dĂ©matĂ©rialisĂ© conformĂ©ment aux dispositions de l’article R. 4121-5 du Code du travail.

Fichier joint