Salaire

L’instruction relative aux conditions d’exonĂ©ration de la prime de partage de la valeur (PPV) vient de s’enrichir de nouvelles prĂ©cisions Ă  l’occasion d’une mise Ă  jour en date du 21 dĂ©cembre 2022. Les principaux apports sont prĂ©sentĂ©s ci-après.

Remarque : certaines prĂ©cisions qui concernent l’exonĂ©ration de la contribution sociale spĂ©cifique applicable pour les primes versĂ©es Ă  Mayotte ne seront pas dĂ©veloppĂ©es ici.

Groupement d’employeurs

L’instruction aborde la situation des groupements d’employeurs en indiquant que les salariés des groupements d’employeurs mis à disposition d’entreprises utilisatrices, la PPV est versée selon les mêmes modalités spécifiques que pour les salariés des entreprises de travail temporaires.

Modulation du montant de la prime

Le montant de la PPV peut être modulé selon les bénéficiaires en fonction :

  • de la rĂ©munĂ©ration ;
  • du niveau de classification ;
  • de l’anciennetĂ© dans l’entreprise ;
  • de la durĂ©e de prĂ©sence effective ;
  • de la durĂ©e de travail prĂ©vue au contrat de travail.

Il est dĂ©sormais prĂ©cisĂ© que :

  • les critères de rĂ©munĂ©ration, de durĂ©e de prĂ©sence effective ou de durĂ©e de travail prĂ©vue au contrat s’apprĂ©cient sur les 12 mois glissant prĂ©cĂ©dant le versement de la prime ;
  • en revanche, les critères de niveau de classification et d’anciennetĂ© sont apprĂ©ciĂ©s au moment du versement de la prime.

Des exemples de modulation du montant de la prime complètent l’instruction.

Exemple 1 : Une prime de partage de la valeur est mise en place au sein d’une entreprise pour un montant maximal de 1 500 euros. L’accord prĂ©voit que son montant est modulĂ© en fonction de la durĂ©e de prĂ©sence effective des salariĂ©s au sein de l’entreprise par rapport Ă  la date de versement :

  • les salariĂ©s prĂ©sents dans l’entreprise depuis au moins 12 mois bĂ©nĂ©ficient de 100 % de la prime ;
  • les salariĂ©s prĂ©sents dans l’entreprise depuis au moins 6 mois bĂ©nĂ©ficient de 50 % de la prime ;
  • les salariĂ©s prĂ©sents dans l’entreprise depuis moins de 6 mois bĂ©nĂ©ficient de 25 % de la prime.

Les modalités de modulation fixées par l’accord satisfont les règles prévues par la législation et donc la prime bénéficie de l’exonération.

Exemple 2 : Une prime de partage de la valeur est mise en place au sein d’une entreprise pour un montant maximal de 2 500 euros. L’accord prĂ©voit que son montant est modulĂ© notamment en fonction de l’anciennetĂ© des salariĂ©s dans l’entreprise :

  • les salariĂ©s validant une anciennetĂ© d’au moins 10 ans perçoivent une prime de 2 500 euros ;
  • les salariĂ©s dont l’anciennetĂ© dans l’entreprise est infĂ©rieure Ă  10 ans bĂ©nĂ©ficient d’une prime de 50 euros.

Les modalités de modulation en fonction de l’ancienneté des salariés dans l’entreprise fixées par l’accord conduisent à des écarts de montant de prime disproportionnés avant combinaison avec d’autres critères modulation comme le critère de présence. L’intention du législateur n’étant pas respectée, ces primes ne bénéficient pas de l’exonération.

Critère de présence du salarié

Lorsque le montant de la prime est modulĂ© en fonction de la durĂ©e de prĂ©sence du salariĂ©, la nouvelle rĂ©daction de l’instruction retient que celle-ci est apprĂ©ciĂ©e :

  • en fonction de la prĂ©sence effective du salariĂ© dans l’entreprise ;
  • ou dans les mĂŞmes conditions que celles prĂ©vues Ă  l’article L. 241-13 du code de la sĂ©curitĂ© sociale pour le calcul de la valeur du SMIC prise en compte pour le calcul des allĂ©gements gĂ©nĂ©raux de cotisations sociales, soit en proportion de la durĂ©e de travail, et en retenant les mĂŞmes règles pour la prise en compte des absences.