Conditions de travail

Ce 5 novembre, l’AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© le texte dĂ©finitif du projet de loi « portant diverses dispositions de vigilance sanitaire« .

Selon l’exposĂ© des motifs du projet de loi, le texte a pour objet de permettre d’activer encore les outils de gestion de l’épidĂ©mie, dont l’efficacitĂ© a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e, pour pouvoir rĂ©agir rapidement Ă  toute nouvelle dĂ©gradation de la situation sanitaire. En effet, le « contexte est encore très incertain, et face au risque de voir Ă©merger un nouveau variant, une grande vigilance s’impose« .

Parmi les outils que le texte va permettre d’activer ou de rĂ©activer, certains concernent directement les relations de travail.

Attention :

  • Le texte ne sera applicable qu’après avoir Ă©tĂ© publiĂ© au JO.
  • MAJ du 10/11/2021 : le Conseil constitutionnel, saisi de ce texte par les parlementaires, a rendu sa dĂ©cision le 9 novembre (dĂ©cision n° 2021-828 DC). Il a censurĂ© certaines dispositions du texte.
  • MAJ du 15/11 : la loi n° 2021-1465 du 10 novembre 2021 portant diverses dispositions de vigilance sanitaire est parue au JO du 11 novembre.

Passe sanitaire

Prolongation jusqu’au 31 juillet 2022

La loi de vigilance sanitaire prolonge jusqu’au 31 juillet 2022 la faculté pour le Gouvernement d’imposer le principe du passe sanitaire, dont le terme était initialement fixé au 15 novembre 2021.

Cette facultĂ© est conditionnĂ©e « aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidĂ©mie de covid‑19 et si la situation sanitaire le justifie au regard de la circulation virale ou de ses consĂ©quences sur le système de santĂ©, apprĂ©ciĂ©es en tenant compte des indicateurs sanitaires tels que le taux de vaccination, le taux de positivitĂ© des tests de dĂ©pistage, le taux d’incidence ou le taux de saturation des lits de rĂ©animation Â».

Sanction des faux

Au titre des sanctions encourues en cas de fraude au passe sanitaire, le nouveau texte prévoit notamment que le faux commis dans

  • un document attestant du rĂ©sultat d’un examen de dĂ©pistage virologique ne concluant pas Ă  une contamination par la covid‑19,
  • un justificatif de statut vaccinal concernant la covid‑19
  • ou un certificat de rĂ©tablissement Ă  la suite d’une contamination par la covid‑19

est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. L’usage, la procuration ou la proposition de procuration du faux est puni des mêmes peines.

Obligation vaccinale

Champ d’application

La loi de vigilance sanitaire précise que l’obligation vaccinale n’est applicable, dans les établissements d’accueil du jeune enfant, les établissements et services de soutien à la parentalité et les établissements et services de protection de l’enfance qu’aux professionnels et aux personnes dont l’activité comprend l’exercice effectif d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins attachés à leur statut ou à leur titre.

Contrôle de l’obligation vaccinale

Le nouveau texte dispose que le contrôle du respect de l’obligation vaccinale est, s’agissant des salariés, assuré par leur employeur.

Les intéressés peuvent transmettre le certificat de rétablissement ou le certificat médical de contre‑indication au médecin du travail compétent, qui informe leur employeur, sans délai, de la satisfaction à l’obligation vaccinale avec, le cas échéant, le terme de validité du certificat transmis.

Contrôle du certificat médical de contre-indication vaccinale

Le texte précise que le certificat médical de contre‑indication vaccinale peut être contrôlé par le médecin conseil de l’organisme d’assurance maladie auquel est rattachée la personne concernée. Ce contrôle prend en compte les antécédents médicaux de la personne ainsi que l’évolution de sa situation médicale et du motif de contre‑indication, au regard des recommandations formulées par les autorités sanitaires.

ComplĂ©ment employeur aux indemnitĂ©s journalières : prolongation du rĂ©gime dĂ©rogatoire

MAJ du 10/11/2021 Ă  10h30 : la dĂ©cision du Conseil constitutionnel n° 2021-828 DC du 9 novembre 2021 a censurĂ© une partie de ces dispositions relative aux arrĂŞts de travail dĂ©rogatoires.

Afin de permettre au Gouvernement de mettre en Ĺ“uvre des dispositions dĂ©rogatoires par voie rĂ©glementaire en cas de risque sanitaire grave et exceptionnel, notamment d’Ă©pidĂ©mie, la LFSS pour 2021 a introduit, dans un nouvel article L. 1226-1-1 du code du travail, un dispositif inspirĂ© de ce que permet l’article L. 16-10-1 du code de la santĂ© publique en matière de prestations d’assurance maladie.

Les dérogations prévues par cet article peuvent porter sur :

  • la condition d’anciennetĂ© pour bĂ©nĂ©ficier de l’indemnitĂ© complĂ©mentaire,
  • le motif d’absence au travail,
  • la condition liĂ©e Ă  la justification dans un dĂ©lai de 48 heures de l’incapacitĂ© de travail et celle d’ĂŞtre soignĂ© en France ou dans un État europĂ©en,
  • l’exclusion des salariĂ©s Ă  domicile, saisonniers, intermittents et temporaires,
  • ainsi que les taux, le dĂ©lai de carence et les modalitĂ©s de calcul de l’indemnitĂ© complĂ©mentaire qui sont fixĂ©s par dĂ©cret.

Elles peuvent être prévues par décret pour une durée limitée qui ne peut excéder un an.

Par dĂ©rogation Ă  cette durĂ©e, la loi de vigilance sanitaire prĂ©voit que les dispositions prises par dĂ©cret entre le 1er janvier 2021 et le 31 dĂ©cembre 2021 en application de l’article L. 1226‑1‑1 du code du travail (en dernier lieu : prolongation du rĂ©gime dĂ©rogatoire Covid-19 jusqu’au 31 dĂ©cembre 2021 par le dĂ©cret n° 2021-1412 du 29 octobre 2021 : les conditions d’ouverture de droit habituelles ne sont pas requises, le dĂ©lai de carence ne s’applique pas, etc.) demeurent applicables jusqu’à une date fixĂ©e par dĂ©cret au plus tard le 31 juillet 2022.

Par ailleurs, le texte habilite le Gouvernement Ă  « adapter ou complĂ©ter » par ordonnance les dispositions prises en application de l’article L. 1226-1-1 du code du travail, dans le cas oĂą des modifications de rang lĂ©gislatif devraient ĂŞtre apportĂ©es au dispositif. Ces mesures seraient applicables jusqu’au 31 juillet 2022 au plus tard et pourraient ĂŞtre rĂ©troactives dans la limite d’un mois.