Covid-19

L’Assemblée nationale a adopté cette nuit une version amendée du projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire. Les débats parlementaires se poursuivront aujourd’hui et durant une partie du week-end au moins.

Parmi les modifications apportées par l’Assemblée nationale, trois intéressent particulièrement les relations de travail.

Extension du passe sanitaire aux « sĂ©minaires Â»

Déjà prévu pour les foires et salons professionnels, le passe sanitaire est étendu aux séminaires.

Régime de la suspension et de la rupture du contrat à défaut de passe sanitaire / vaccination

Le rĂ©gime de la suspension et de la rupture du contrat de travail Ă  dĂ©faut de justifier d’un passe sanitaire ou de la vaccination obligatoire est modifiĂ©.

Utilisation possible de jours de repos ou de congĂ©s. – DĂ©sormais le projet de loi prĂ©voit que lorsqu’un salariĂ© soumis Ă  l’obligation de passe sanitaire ou de vaccination ne prĂ©sente pas les justificatifs nĂ©cessaires, il peut mobiliser, avec l’accord de l’employeur, des jours de repos conventionnels ou des jours de congĂ©s payĂ©s.

A dĂ©faut : suspension du contrat de travail . –  A dĂ©faut, l’employeur lui notifie par tout moyen, le jour mĂŞme, la suspension de son contrat de travail. Cette suspension s’accompagne de l’interruption du versement de la rĂ©munĂ©ration, et prend fin dès que le salariĂ© produit les justificatifs requis.

Dans les 3 jours: entretien. – Lorsque cette situation se prolonge pendant une durĂ©e de 3 jours, l’employeur convoque le salariĂ© Ă  un entretien afin d’examiner avec lui les moyens de rĂ©gulariser sa situation. Pour les salariĂ©s soumis Ă  l’obligation de passe sanitaire (mais non ceux soumis Ă  l’obligation vaccinale) est prĂ©vu que l’entretien porte notamment sur les possibilitĂ©s d’affectation, temporaire le cas Ă©chĂ©ant, au sein de l’entreprise sur un autre poste non soumis Ă  cette obligation.

Licenciement Ă©ventuel du salariĂ© en CDI. – Le fait pour un salariĂ© de ne plus pouvoir exercer son activitĂ© pendant une durĂ©e cumulĂ©e supĂ©rieure Ă  l’équivalent de 2 mois de journĂ©es travaillĂ©es en raison du non‑respect de l’obligation de prĂ©sentation des justificatifs peut ĂŞtre un motif spĂ©cifique constituant une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse de licenciement. Dans ce cas, l’employeur devra respecter les modalitĂ©s et conditions dĂ©finies pour le licenciement personnel (règles relatives Ă  l’entretien prĂ©alable et Ă  la notification du licenciement) et, le cas Ă©chĂ©ant, la procĂ©dure applicable au licenciement des salariĂ©s protĂ©gĂ©s.

Rupture anticipée éventuelle du CDD. – Le CDD de l’intéressé pourra être rompu avant l’échéance du terme à l’initiative de l’employeur selon les mêmes modalités. Les dommages-intérêts prévus en cas de rupture anticipée du contrat ne seront pas dus au salarié. Celui-ci percevra néanmoins l’indemnité de précarité, à l’exclusion de la période de suspension du contrat.

Rupture anticipĂ©e Ă©ventuelle du contrat de mission. – De mĂŞme, le contrat de mission du salariĂ© temporaire pourra ĂŞtre rompu avant l’échĂ©ance du terme Ă  l’initiative de l’entreprise de travail temporaire selon les mĂŞmes modalitĂ©s. L’indemnitĂ© de fin de mission sera due au salariĂ© temporaire, Ă  l’exclusion de la pĂ©riode de suspension du contrat.

Information – consultation du CSE

Dans les entreprises oĂą les modalitĂ©s de mise en Ĺ“uvre du passe sanitaire et de l’obligation vaccinale affectent  l’organisation,  la  gestion  et  la  marche  gĂ©nĂ©rale  de l’entreprise, le CSE devra ĂŞtre informĂ© et consultĂ© sur ces modalitĂ©s. Dans ce cas, il pourra ĂŞtre consultĂ© et rendre un avis après la dĂ©cision de l’employeur, dans un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter de la mise en Ĺ“uvre des mesures de contrĂ´le dont il est informĂ© sans dĂ©lai.