Covid-19

Quels sont les bĂ©nĂ©ficiaires du certificat d’isolement ?

Depuis le 1er mai 2020, sont placĂ©s en position d’activitĂ© partielle les salariĂ©s :

  • considĂ©rĂ©s comme « personne vulnĂ©rable prĂ©sentant un risque de dĂ©velopper une forme grave d’infection au virus SARS-CoV-2 Â», selon des critères dĂ©finis par voie rĂ©glementaire (dĂ©cret n° 2020-521 du 5 mai 2020) ;

ou

  • partageant le mĂŞme domicile qu’une personne vulnĂ©rable.

Pour cela, le salariĂ© doit prĂ©senter Ă  l’employeur un « certificat d’isolement Â» Ă©tabli par un mĂ©decin et attestant, dans le respect du secret mĂ©dical, qu’il bien relève des conditions rĂ©glementaires ci-dessus.

Ce dispositif exceptionnel a vocation Ă  prendre fin Ă  une date qui sera prochainement dĂ©finie par dĂ©cret (Min. trav., Q/R Dispositif exceptionnel d’activitĂ© partielle, PrĂ©cisions sur les Ă©volutions procĂ©durales et questions-rĂ©ponses – version du 10 juillet : question 17) après que le Ministère du Travail ait annoncĂ© le 31 juillet puis le 31 aoĂ»t (dans 2 versions prĂ©cĂ©dentes du mĂŞme Q/R).

Que faire si le salariĂ© demande Ă  reprendre son activitĂ© ?

Mais avant mĂŞme cette Ă©chĂ©ance, un salariĂ© peut-il demander Ă  sortir du dispositif d’activitĂ© partielle afin de reprendre son activitĂ© ?

Aucun texte n’impose que le salariĂ© qui entendrait reprendre le travail se fasse dĂ©livrer un certificat de « fin Â» d’isolement, que d’ailleurs probablement aucun mĂ©decin ne lui dĂ©livrerait.

En outre, la visite médicale de reprise ne devrait pas s’imposer, même après 29 jours, puisque cette position spécifique d’activité partielle ne constitue pas un arrêt de travail au sens strict (C. trav., art. R. 4624-31).

Plus largement, l’avis d’aptitude n’existe plus, sauf cas particuliers (C. trav., R 4624-24 et s.).

Pour autant, le certificat d’isolement, établi par un médecin dans le respect des préconisations gouvernementales et sans durée ni terme, atteste d’une situation de vulnérabilité du salarié ou de l’un de ses proches. L’employeur n’a pas à en savoir plus, puisque le reste relève du secret médical.

Il parait logique que l’employeur prenne des garanties afin de s’assurer que cette reprise s’opère de manière sûre, dans le respect de son obligation de sécurité

Il parait donc logique que l’employeur prenne des garanties afin de s’assurer que cette reprise s’opère de manière sûre, dans le respect de son obligation de sécurité et sans franchir les limites du secret.

Remarque

Demander au salariĂ© un Ă©crit sous forme de « dĂ©charge Â» ne paraĂ®t pas adaptĂ© : un salariĂ© ne peut pas dĂ©lier l’employeur de son obligation de sĂ©curitĂ© (C. trav., art. L. 4122-1 al. 2) – sauf Ă  envisager le cas oĂą le salariĂ© dĂ©ciderait, spontanĂ©ment, d’expliquer qu’il ne partage plus le domicile d’une personne vulnĂ©rable…

Une nécessaire sécurisation de la reprise

Le seul moyen de sécuriser la reprise semble donc consister, pour l’employeur, à demander au médecin du travail de recevoir le salarié, dans le cadre d’une visite sur demande (C. trav., art. R. 4624-34), en veillant à lui en expliquer les raisons.

Si le mĂ©decin du travail accepte de tenir la visite, peu importe alors qu’il ne dĂ©livre pas d’avis mĂ©dical : le seul Ă©tablissement d’une « attestation de suivi Â» (arrĂŞtĂ© du 16 octobre 2017) pourrait suffire. Elle induit que le mĂ©decin n’a pas jugĂ© utile ni nĂ©cessaire de formuler des prĂ©conisations (C. trav., art. L. 4624-3). Bien entendu, le mĂ©decin peut en formuler.

Si le médecin refuse de tenir la visite, l’employeur est fondé à informer le salarié de ce refus, afin qu’il n’en ignore rien. Le salarié peut lui-même solliciter une visite, et le cas échéant confirmer son souhait de reprendre.

L’employeur est fondé à respecter son obligation d’exécuter le contrat, et ne peut se voir reprocher d’avoir méconnu son obligation de sécurité (puisqu’il a sollicité le médecin du travail).

Surtout, l’employeur n’est pas censé savoir si l’isolement était lié au propre état de santé du salarié ou à une situation temporaire de proximité avec une ou des personnes vulnérables.