Covid-19

La première action pour l’employeur est de s’informer sur les risques au regard des connaissances disponibles, afin de pouvoir moduler les actions selon les niveaux de risque propres aux situations réellement rencontrées.

OĂą s’informer ?

Remarque : Le stade de la « pandĂ©mie Â» n’est pas atteint. Par anticipation, il est conseillĂ© de consulter les plans d’action dĂ©jĂ  mis en place Ă  propos de la grippe A/H1N1 : plan national de prĂ©vention et de lutte contre la pandĂ©mie grippale (actualisĂ© en 2011), et circulaires DGT des 18 dĂ©cembre 2007 et 3 juillet 2009.

Au stade présent de l’épidémie, on peut envisager plusieurs types de situation.

Cas n° 1 : Un salariĂ© revient d’une rĂ©gion considĂ©rĂ©e comme un foyer d’infection (ville de Wuhan en Chine)

Le salariĂ© doit se conformer aux mesures de quarantaine prises par les pouvoirs publics. Un dĂ©cret du 31 janvier 2020 lui permet de bĂ©nĂ©ficier du versement d’indemnitĂ©s journalières sur avis d’un mĂ©decin de l’ARS (dĂ©cret n°2020-73). L’employeur doit bien entendu considĂ©rer cette absence comme lĂ©gitime, et le cas Ă©chĂ©ant envisager la question du complĂ©ment d’indemnitĂ© selon les dispositions en vigueur dans l’entreprise. Si l’absence d’infection est avĂ©rĂ©e, rien ne s’oppose Ă  ce que le salariĂ© reprenne son emploi. 

Cas n° 2 : Un salarié revient d’une autre région d’Asie (Chine, Hong Kong, Macao…)

Un accueil spĂ©cifique des voyageurs est assurĂ© depuis le 25 janvier Ă  Paris Charles de Gaulle et Ă  Saint-Denis de la RĂ©union. Les pouvoirs publics recommandent que pendant 14 jours (dĂ©lai d’incubation), la personne reste vigilante Ă  l’égard de potentiels symptĂ´mes. Du point de vue de l’employeur, selon la fonction exercĂ©e par le salariĂ© et notamment le degrĂ© de contact avec des tiers ou le public, certaines mesures peuvent ĂŞtre envisagĂ©es tel que le recours au tĂ©lĂ©travail, la prise de congĂ©s ou de repos, l’obligation du port de masques fournis gratuitement par l’entreprise…

Cas n° 3 : Un salariĂ© doit partir en Chine

Les pouvoirs publics n’interdisent pas les sĂ©jours en Chine mais les dĂ©conseillent, « sauf raison impĂ©rative Â». La dĂ©cision d’organiser un dĂ©placement doit donc ĂŞtre pesĂ©e selon diffĂ©rents critères : nĂ©cessitĂ© du dĂ©placement, impossibilitĂ© de prendre des mesures alternatives, le cas Ă©chĂ©ant situation personnelle du salariĂ© expatriĂ©, niveau de risque propre au lieu de destination… Le salariĂ© doit ĂŞtre informĂ© des mesures Ă  prendre sur place (mesures recommandĂ©es par les autoritĂ©s françaises et/ou locales), et mis en mesure de les respecter. Il faut anticiper le fait que le salariĂ© puisse exercer son droit de retrait s’il a un motif raisonnable de penser que le dĂ©placement expose sa santĂ© Ă  un danger grave et imminent.

Cas n° 4 : Un salariĂ© de retour d’Asie ou qui s’est trouvĂ© au contact d’une personne infectĂ©e, prĂ©sente des symptĂ´mes d’infection

Les symptômes sont ceux d’une infection respiratoire et ne peuvent se révéler qu’au plus dans les 14 jours suivant la contamination. Les pouvoirs publics recommandent d’appeler le 15. Si le risque de contamination est avéré, le port du masque chirurgical s’impose, et tout contact doit être évité. Dans l’attente d’un diagnostic, il est donc préférable que le salarié ne soit pas au contact de ses collègues (télétravail, prise de congés ou de repos).

A noter

Une contamination survenue Ă  l’occasion du travail (lieu de travail, temps d’une mission…) est potentiellement un accident du travail (AT). Dans le doute, l’employeur doit par prĂ©caution dĂ©clarer un AT Ă  la CPAM dans les 48 heures de la connaissance qu’il en a, avec les rĂ©serves utiles. 

Selon le niveau d’exposition et l’évolution de l’épidĂ©mie, il est conseillĂ© de rappeler l’utilitĂ© des mesures dites « barrière Â» Ă©lĂ©mentaires : tousser dans son coude ; utiliser des mouchoirs Ă  usage unique ; se laver rĂ©gulièrement les mains ; Ă©viter les contacts non indispensables …