Contrat de travail

Aux termes de l’article L. 1262-1 du Code du travail, un employeur Ă©tabli hors de France peut dĂ©tacher en France son salariĂ© dans 3 hypothèses :

  1. Soit pour son compte, dans le cadre d’un contrat conclu entre celui-ci et le destinataire de la prestation en France ;
  2. Soit dans le cadre d’un dĂ©tachement intragroupe ;
  3. Soit pour son « propre Â» compte sans qu’il existe un contrat entre celui-ci et un destinataire.

Dans les deux premiers cas, et dans celui d’une entreprise de travail temporaire dĂ©tachant des salariĂ©s en France, l’employeur Ă©tranger doit procĂ©der Ă  une dĂ©claration prĂ©alable de dĂ©tachement (« DPD Â»), sous peine d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 4.000 € par salariĂ© dĂ©tachĂ©, portĂ©e Ă  8.000 € en cas de renouvellement de l’infraction.

Depuis un décret et un arrêté de juin 2019, les conditions de détachement bénéficient de plus de flexibilité

Depuis un décret (n° 2019-555 du 4 juin 2019) et un arrêté du 4 juin 2019, les conditions de détachement bénéficient de plus de flexibilité :

  • Les employeurs Ă©trangers dĂ©tachant des salariĂ©s en France n’ont plus Ă  conclure une convention de reprĂ©sentation avec une personne morale ou physique Ă©tablie en France. Les informations relatives au reprĂ©sentant devront ĂŞtre directement reportĂ©es dans le formulaire de DPD.
  • Le contenu de la DPD est Ă©galement modifiĂ© concernant la rĂ©munĂ©ration : la DPD devra dorĂ©navant prĂ©ciser le taux horaire de celle-ci et non plus la rĂ©munĂ©ration brute mensuelle.
  • L’obligation de procĂ©der Ă  une DPD est supprimĂ©e dans certains cas, concernant notamment les activitĂ©s artistiques, les Ă©vènements sportifs, les apprentis et les colloques/sĂ©minaires ou manifestations scientifiques, sous certaines conditions de durĂ©e.
  • L’obligation de remettre certains documents aux autoritĂ©s est allongĂ©e Ă  15 jours : il s’agit principalement de l’autorisation de travail permettant au ressortissant d’un Etat tiers d’exercer une activitĂ© salariĂ©e, le document attestant d’un examen mĂ©dical dans le pays d’origine Ă©quivalent ou dans certains cas les bulletins de paie de chaque salariĂ© dĂ©tachĂ© ou tout document Ă©quivalent.

S’inscrivant dans un objectif de lutte contre la fraude et de promotion de l’égalitĂ© de traitement entre les salariĂ©s français et Ă©trangers, ces nouvelles conditions appellent aussi un contrĂ´le plus strict des autoritĂ©s françaises. Les pouvoirs de l’Inspection du travail sont renforcĂ©s, et l’éventail des sanctions complĂ©tĂ© : Ă  titre d’exemple, Ă  la suspension temporaire est ajoutĂ©e une possible interdiction temporaire de l’activitĂ© d’une durĂ©e maximale de deux mois.

Ces sanctions s’ajoutent aux amendes pĂ©cuniaires visĂ©es ci-dessus, le risque Ă©tant d’autant plus d’actualitĂ© que le gouvernement a communiquĂ© un objectif de 24.000 contrĂ´les fixĂ© aux Direccte pour l’annĂ©e 2019.

Remarque : ces nouvelles dispositions sont applicables depuis le 1er juillet dernier