Statut collectif

Le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) adopté en 1ère lecture par l’Assemblée Nationale le 18 juin dernier vise à réformer le cadre général des politiques de mobilité.

A côté de nombreuses mesures tendant à transformer le droit au transport en droit à la mobilité, à développer massivement le covoiturage ou encore à réduire l’impact de la mobilité sur l’environnement, l’article 26 prévoit d’ajouter un nouveau point de négociation obligatoire dans le bloc de négociation sur l’égalité entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail. Il s’agit de mesures visant à améliorer la mobilité des salariés entre leur domicile et leur lieu de travail.

LE DISPOSITIF LEGAL ACTUEL

Pour rappel, l’article 51 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 dispose que, dans le périmètre d’un plan de déplacements urbains (PDU), toutes les entreprises regroupant plus de 100 travailleurs sur un même site doivent élaborer, à compter du 1er janvier 2018, un plan de mobilité (PDM) pour améliorer la mobilité de leurs salariés et encourager des modes de déplacement alternatifs à la voiture individuelle, comme les transports en commun et le covoiturage.

Ce dispositif est très peu contraignant dans la mesure où il est seulement sanctionné par la suppression du soutien technique et financier de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Or, ce soutien, bien qu’il puisse représenter plusieurs millions d’euros pour les grands groupes bénéficiant de subventions spécifiques, reste marginal, voire inexistant, pour la plupart des entreprises. A ce jour, le dispositif n’a donc pas eu l’effet escompté.

LE DISPOSITIF LEGAL A VENIR

La plupart des entreprises soumises à l’obligation de mise en place d’un PDM ne s’étant pas saisies du sujet, le législateur envisage d’aller un peu plus loin dans l’obligation mise à la charge des entreprises pour transformer les déplacements de leurs salariés.

La plupart des entreprises soumises Ă  l’obligation de mise en place d’un PDM ne s’étant pas saisies du sujet le lĂ©gislateur envisage d’aller un peu plus loin dans l’obligation mise Ă  la charge des entreprises 

L’article 26 du projet de loi LOM prĂ©voit en effet d’ajouter un nouveau point  de nĂ©gociation obligatoire Ă  l’article L. 2242-17 du Code du travail relatif Ă  la nĂ©gociation annuelle sur la qualitĂ© de vie au travail, en ces termes : Â« les mesures visant Ă  amĂ©liorer la mobilitĂ© des salariĂ©s entre leur lieu de rĂ©sidence habituelle et leur lieu de travail, notamment en rĂ©duisant le coĂ»t de la mobilitĂ©, en incitant Ă  l’usage des modes de transport vertueux ainsi que par la prise en charge des frais mentionnĂ©s aux articles L.3261-3 et L.3261-3-1 du prĂ©sent code», Ă  savoir les frais de carburant, vĂ©lo et covoiturage.

Le texte prĂ©cise que cette obligation ne s’imposerait :

  • qu’aux entreprises soumises Ă  l’obligation de nĂ©gociation annuelle, c’est-Ă -dire les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s disposant de dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux,
  • et dont au moins 50 salariĂ©s sont employĂ©s sur un mĂŞme site.

Enfin, la modification parallèle du code des transports prĂ©cise qu’à dĂ©faut d’accord, ces mĂŞmes entreprises devraient Ă©laborer un plan de mobilitĂ© « employeur Â» sur les diffĂ©rents sites de l’entreprise pour amĂ©liorer la mobilitĂ© de leur personnel.

Il s’agirait alors d’élaborer un véritable plan d’actions.

« LE TITRE MOBILITE Â» : UN NOUVEAU MOYEN DE MISE EN Ĺ’UVRE DU PDM 

Bien que le PDM tel que pensĂ© initialement concernait tous les dĂ©placements suscitĂ©s par l’activitĂ© de l’entreprise (domicile/lieu de travail, dĂ©placements professionnels, clients, fournisseurs…), l’obligation rĂ©sultant du Code du travail recentre dĂ©sormais l’obligation sur les dĂ©placements des salariĂ©s entre leur domicile et leur lieu de travail.

Ce PDM peut comporter tout un ensemble de mesures, comme par exemple celles permettant :

  • d’assurer la promotion du vĂ©lo,
  • d’encourager Ă  l’utilisation des transports publics,
  • d’amĂ©nager les horaires de travail,
  • d’inciter au covoiturage.

Pour faciliter ce type de mesures, le projet de loi prĂ©voit Ă©galement la crĂ©ation, Ă  compter du 1er janvier 2020, d’un « forfait mobilitĂ©s durables Â», qui permettrait notamment aux entreprises de rembourser Ă  leurs salariĂ©s une partie de leurs frais de dĂ©placement domicile-travail s’ils utilisent un mode de transport vertueux comme le vĂ©lo ou le covoiturage. Ce forfait serait exonĂ©rĂ© d’impĂ´t sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite de 400 € par an, dont 200 € maximum au titre des frais d’alimentation d’un vĂ©hicule (carburant, Ă©lectricitĂ©).

Affaire à suivre…