Règles communes

Depuis le 25 mai 2018, changement de paradigme en ce qui concerne la gestion des donnĂ©es personnelles ; dĂ©sormais l’employeur doit prouver (principe d’« accountability Â») qu’il a mis en Ĺ“uvre les mesures nĂ©cessaires pour garantir l’application du règlement europĂ©en et permettre aux salariĂ©s d’exercer des droits accrus envers leurs donnĂ©es personnelles.

Un certain manque d’anticipation

Dans un premier temps, un manque d’anticipation a Ă©tĂ© constatĂ© dans beaucoup d’entreprises, notamment sur le plan informatique. Le paramĂ©trage des logiciels prend des annĂ©es pour se conformer aux règles du « privacy by design Â» et notamment Ă  la mise en place de la fonctionnalitĂ© « droit Ă  l’effacement des donnĂ©es Â» dans l’ensemble du système d’information interne (et envers les destinataires extĂ©rieurs des donnĂ©es personnelles)

Toutefois, la mise en place de sanctions financières très lourdes (amendes pouvant aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise) et la condamnation médiatique de Google en janvier 2019 par la CNIL à une amende de 50 millions d’euros ont contribué à une prise de conscience dans la grande majorité des entreprises de la nécessité de mettre en place un plan d’action. Les obligations sont les mêmes, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Une démarche de mise en conformité bien identifiée

Les Ă©tapes de la dĂ©marche de mise en conformitĂ© sont dĂ©sormais identifiĂ©es :

  • dĂ©signation d’un « pilote Â» dans l’entreprise,
  • dĂ©signation d’un Ă©ventuel dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es personnelles,
  • recensement des donnĂ©es personnelles Ă  travers tous les services de l’entreprise (analyse des flux de donnĂ©es, de leur collecte jusqu’à leur Ă©ventuel transfert et lieu de conservation, Ă©tude de leurs formats de stockage, rĂ©flexion sur la gestion Ă©lectronique des documents),
  • rĂ©daction des registres de traitements des donnĂ©es personnelles,
  • analyse d’impact,
  • mise en place de processus durables et Ă©volutifs,
  • formations internes de sensibilisation
  • contractualisation des engagements RGPD avec les sous-traitants (en cas de gestion externe de la paie par exemple),
  • rĂ©daction de la documentation garantissant une information adĂ©quate du personnel.

Autant de nouveautés techniques et juridiques auxquelles les entreprises n’étaient pas préparées et qui nécessitent une mobilisation des dirigeants mais aussi de l’ensemble des salariés qui utilisent ces données personnelles et qui doivent désormais les protéger davantage.

Autant de nouveautés techniques et juridiques auxquelles les entreprises n’étaient pas préparées et qui nécessitent une mobilisation des dirigeants mais aussi de l’ensemble des salariés qui utilisent ces données personnelles

Dans les services en charge des ressources humaines, les premières interrogations se concentrent sur la dĂ©termination des sous-traitants dont la responsabilitĂ© est très importante au regard des donnĂ©es personnelles (Ă  l’inverse des fournisseurs), la fixation des durĂ©es – limitĂ©es – de conservation des donnĂ©es, la difficultĂ© de dĂ©signer un dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es et l’exercice d’accès aux donnĂ©es personnelles par les salariĂ©s. Jusqu’oĂą aller lorsqu’un salariĂ© demande une copie de ses donnĂ©es personnelles ? Les reprĂ©sentants du personnel n’hĂ©sitent pas non plus Ă  questionner le degrĂ© de conformitĂ© de l’entreprise.

Dans la lignée de l’approche (encore) globalement préventive de la CNIL, les entreprises doivent impérativement s’inscrire dans la démarche, même si elles n’en ont pas encore parcouru toutes les étapes. Une pédagogie intensive auprès du personnel s’impose, au travers de la formation et même de l’évaluation, sur un sujet de plus en plus sensible. Chacun peut commencer en ne collectant que les données personnelles minimales dont l’entreprise a besoin et en respectant scrupuleusement les mesures de sécurité, souvent déjà prévues dans la charte informatique, afin de protéger ces données.