Statut collectif

Le Code du travail ne connaît pas l’équivalent du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Lorsque la loi prĂ©voit que l’adoption d’un accord collectif est soumise Ă  l’approbation du personnel, c’est dans deux sĂ©ries de cas :

  • soit l’accord a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© signĂ© par un syndicat non majoritaire dans l’entreprise (via le dĂ©lĂ©guĂ© syndical ou un salariĂ© mandatĂ©),
  • soit l’employeur est autorisĂ© Ă  proposer un projet d’accord au personnel.  

ArrĂŞtons-nous sur ce dernier cas.

Quelles entreprises ?

Seule est concernĂ©e l’entreprise dĂ©pourvue de dĂ©lĂ©guĂ© syndical et dont l’effectif habituel est :

  • infĂ©rieur Ă  11 salariĂ©s, sans autre condition,
  • au plus Ă©gale Ă  20 salariĂ©s, mais Ă  condition que l’entreprise ne soit pas dotĂ©e de membre Ă©lu du CSE (et que cette situation ne rĂ©sulte pas d’une violation de la loi).

Sur quels thèmes ?

L’accord peut porter sur l’ensemble des thèmes ouverts Ă  la nĂ©gociation collective d’entreprise.

Quelle initiative ?

C’est l’employeur qui propose un projet d’accord aux salariĂ©s. Si rien n’interdit qu’il s’inspire d’un thème ou de propositions Ă©manant de salariĂ©s, la rĂ©daction et la proposition du projet relèvent de ses prĂ©rogatives.

Qui est consultĂ© ?

Faute de précision dans le texte, il semble que tous les salariés doivent être appelés à prendre part à la consultation.

Quels dĂ©lais ?

Les salariés doivent se voir communiquer, 15 jours au moins avant la date prévue de la consultation, le projet d’accord et les modalités d’organisation de la consultation (y compris la question posée). Cela implique pour l’employeur d’établir de tels documents et de s’assurer de la traçabilité de leur communication.

Quelle forme pour la consultation ?

L’organisation matĂ©rielle incombe Ă  l’employeur. La consultation a lieu pendant le temps de travail, et hors la prĂ©sence de l’employeur. Le rĂ©sultat est portĂ© Ă  la connaissance de l’employeur Ă  l’issue de la consultation. Il fait l’objet d’un procès-verbal.

Le caractère personnel et secret de la consultation doit être garanti. Même si la loi ne l’indique pas, il est donc recommandé de recourir au scrutin secret sous enveloppe et de prévoir la mise en place d’un bureau de vote, d’une liste d’émargement, de bulletins, d’une urne (à demander en mairie) et d’un procès-verbal.

Quelle majoritĂ© ?

Le projet doit, pour être considéré comme un accord valide, être approuvé à la majorité des 2/3 du personnel. Le choix de la date de la consultation est donc important, afin que le plus grand nombre de salariés puisse y participer.

Quelles suites ?

L’accord accompagnĂ© du procès-verbal de la consultation est dĂ©posĂ© auprès de la DIRECCTE et du Conseil de prud’hommes, ainsi que sur la plateforme « TĂ©lĂ©Accords Â».

Il pourra ensuite être dénoncé par l’employeur, mais aussi par les 2/3 du personnel (pour ceux-ci, uniquement dans le mois précédant la date anniversaire de conclusion de l’accord).

Note : des règles spĂ©cifiques – non Ă©voquĂ©es ici – s’appliquent Ă  la mise en place d’un rĂ©gime de protection sociale complĂ©mentaire (prĂ©voyance, retraite, mutuelle…) ou d’un dispositif d’épargne salariale (participation, intĂ©ressement, PEE/PERCO).