Protection sociale

Matière rĂ©putĂ©e complexe et technique, la protection sociale complĂ©mentaire effraie de nombreux employeurs qui craignent devoir gĂ©rer les situations et interrogations de leurs salariĂ©s concernant leurs droits en la matière.  Cette crainte est alimentĂ©e par l’augmentation des litiges relatifs Ă  l’insuffisance ou Ă  l’inexactitude des informations pouvant ĂŞtre donnĂ©es par un employeur Ă  ses salariĂ©s. Tel est le cas, notamment, concernant l’articulation des diffĂ©rents dispositifs de maintien ou de poursuite des garanties Ă  la suite du dĂ©part d’un salariĂ©.

3 dispositifs différents coexistent, sans pour autant se confondre.

1. La portabilité de la prévoyance

Le premier de ces dispositifs, certainement le plus connu, est celui du maintien (Ă©galement appelĂ© « portabilitĂ© Â») des garanties des rĂ©gimes de prĂ©voyance pendant une durĂ©e maximale de 12 mois suivant le dĂ©part du salariĂ© (hors licenciement pour faute lourde et sous condition, notamment, de l’indemnisation de ce dernier par le dispositif d’assurance chĂ´mage).

2. Le droit reconnu à certains anciens salariés de bénéficier d’un contrat d’assurance individuelle reprenant les mêmes garanties que celles existant dans l’entreprise

Le premier dispositif ne doit pas être confondu avec le droit reconnu à certains anciens salariés (notamment les anciens salariés pris en charge par l’assurance chômage) de bénéficier, après leur départ, d’un contrat d’assurance individuelle reprenant les mêmes garanties que celles existant dans l’entreprise, aux conditions tarifaires préférentielles puisqu’encadrées par la réglementation. Compte tenu de la création, plus récente, du dispositif de portabilité, ce droit trouve désormais à s’appliquer à l’issue de la période de portabilité. Aucune initiative ne doit être prise par l’employeur concernant sa mise en œuvre, dont l’initiative relève de la responsabilité de l’organisme assureur.

Ces deux dispositifs, qui se succèdent donc dans le temps, ont le mĂŞme objet : indemniser les sinistres qui surviennent après la rupture du contrat de travail.

3. L’obligation pour l’assureur de poursuivre après le départ du salarié le versement des prestations en cours ou différées

La temporalité du sinistre distingue ces deux dispositifs d’un troisième droit reconnu aux anciens salariés. En effet, la loi prévoit également l’obligation pour l’assureur de poursuivre, après le départ du salarié, le versement des prestations en cours ou différées.

Il s’agit par exemple du droit pour un salarié de continuer à bénéficier, après son départ de l’entreprise et sans limitation dans le temps, d’une indemnisation d’une incapacité de travail ou d’une invalidité en cours alors que le contrat de travail du salarié n’était pas encore rompu ; sont également couvertes par ce dispositif toutes les prestations qui découlent d’une situation acquise ou née pendant l’exécution du contrat.

La protection sociale complĂ©mentaire offre des possibilitĂ©s multiples ; il convient de bien les connaĂ®tre pour dĂ©finir de vĂ©ritables stratĂ©gies en la matière.

Il appartient aux employeurs de se saisir de la protection sociale complémentaire, socle futur de la protection sociale générale, comme d’un outil d’attractivité et de fidélisation des salariés, et de développement des entreprises.