Les épisodes de fortes chaleurs invitent les employeurs à dépasser le seul débat sur le port du short ou du bermuda. Ils offrent surtout l’occasion de réinterroger la politique vestimentaire de l’entreprise à la lumière des nouvelles obligations de prévention. L’objectif n’est pas nécessairement d’assouplir les règles existantes, mais de s’assurer qu’elles demeurent adaptées aux contraintes réelles de l’activité et qu’elles s’inscrivent dans une démarche cohérente de prévention des risques professionnels.
Plusieurs bonnes pratiques peuvent être utilement mises en œuvre.
1. Réexaminer les règles internes
Les prescriptions vestimentaires figurent parfois dans le règlement intérieur, une note de service, ou résultent simplement d’un usage établi dans un contexte où les épisodes de fortes chaleurs étaient plus ponctuels.
Elles méritent d’être réévaluées afin de vérifier qu’elles répondent toujours à un objectif légitime et demeurent proportionnées au regard des fonctions exercées.
2. Adapter les règles aux réalités des postes de travail
Une politique uniforme n’est pas toujours la plus pertinente : les contraintes diffèrent selon que les salariés exercent des fonctions administratives, sont en contact avec la clientèle, travaillent en extérieur ou sont soumis au port d’équipements de protection individuelle.
Une approche différenciée, fondée sur les exigences propres à chaque poste, répond mieux au principe de proportionnalité de l’article L. 1121-1 du Code du travail.
3. Prévoir des adaptations temporaires...
... définies en amont plutôt que dans l’urgence : port d’un bermuda de ville, suppression temporaire de la veste ou de la cravate, assouplissement de certaines exigences vestimentaires pendant les épisodes de chaleur intense.
Une communication claire sur les situations concernées et la durée des mesures permet d’éviter les différences de traitement entre services.
4. Associer les managers...
... à la mise en œuvre de ces mesures, afin de garantir une application homogène et objective des règles au sein de l’entreprise. Ils sont souvent les premiers sollicités par les salariés lors d’une vague de chaleur.
5. Intégrer la tenue vestimentaire dans une démarche globale de prévention
Aux côtés de :
- l’adaptation des horaires,
- l’augmentation des temps de pause,
- la mise à disposition d’eau fraîche,
- la limitation de certaines tâches aux heures les plus chaudes
- ou du recours au télétravail lorsque celui-ci est possible.
💡 À retenir
Les fortes chaleurs ne créent aucun droit au port du short ou bermuda. Elles conduisent en revanche à apprécier différemment les restrictions vestimentaires imposées par l’employeur, qui devront demeurer justifiées par les fonctions exercées, proportionnées aux contraintes de l’activité et cohérentes avec les obligations de prévention du risque thermique.
En pratique, les entreprises ont tout intérêt à réexaminer régulièrement leurs règles vestimentaires afin de s’assurer qu’elles restent adaptées aux conditions réelles de travail, appliquées de manière objective et compatibles avec les mesures de prévention mises en œuvre.
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