Statut collectif

Une réforme très avancée

Le législateur a engagé un vaste mouvement de restructuration des branches professionnelles qui vise à en réduire le nombre significativement.

Lancée en 2014, le calendrier de mise en œuvre s’est fortement accéléré récemment, notamment avec l’adoption des ordonnances Macron.

Au mois d’août 2019, les branches devraient donc être réduites à un objectif de 200 ; alors qu’elles étaient environ 700 avant le lancement de la réforme.

Comment arriver Ă  200 branches ?

La réduction va se faire par des regroupements et des suppressions de branches.

A ce stade, sont immĂ©diatement et directement visĂ©es :

  • les branches de moins de 5.000 salariĂ©s,
  • les branches dont le dynamisme conventionnel ne serait pas suffisant.

A brève Ă©chĂ©ance, certaines de ces branches vont disparaĂ®tre (certaines ont dĂ©jĂ  disparu) ; il s’agit pour l’essentiel de celles qui n’avaient plus de dynamique conventionnelle.

Pour les autres, des regroupements vont devoir être effectués. Il faut alors identifier une branche de rattachement.

Quel(s) schĂ©ma(s) pour le regroupement ?

Il existe deux voies pour mettre en place une fusion entre deux branches :

  • une voie nĂ©gociĂ©e : les partenaires sociaux des deux branches concluent un « accord de champ Â», par lequel est actĂ© un nouveau champ conventionnel (qui est en rĂ©alitĂ© l’addition des champs initiaux des branches concernĂ©es) ;
  • une voie dirigĂ©e : le Ministre du Travail prend un arrĂŞtĂ© de fusion par lequel le champ de la branche « rattachĂ©e Â» est inclus dans celui de la branche « de rattachement Â».

A ce stade, le ministère du Travail privilĂ©gie la voie nĂ©gociĂ©e. Toutefois, plusieurs arrĂŞtĂ©s de fusion ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ©s ; confirmation qu’il est plus que temps d’agir !

A ce stade, le ministère du Travail privilĂ©gie la voie nĂ©gociĂ©e. Toutefois, plusieurs arrĂŞtĂ©s de fusion ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ©s ; confirmation qu’il est plus que temps d’agir !

Quelles conséquences ?

1/ une période transitoire (5 ans maximum)

Quelle que soit la voie empruntĂ©e pour la fusion (nĂ©gociĂ©e ou dirigĂ©e), Ă  partir du moment oĂą le nouveau champ conventionnel est confirmĂ© (signature d’un accord de champ / publication d’un arrĂŞtĂ© de fusion), s’ouvre une pĂ©riode « transitoire Â» de 5 ans (maximum).

Cette pĂ©riode est offerte aux partenaires sociaux de la nouvelle branche pour parvenir Ă  conclure un « accord de convergence Â», c’est-Ă -dire une nouvelle convention collective de branche couvrant le nouveau pĂ©rimètre.

Durant cette période, les dispositions des conventions collectives des branches d’origine continuent à s’appliquer comme avant (respectivement à l’égard des salariés/entreprises relevant des branches d’origine).

2/ au terme de la période transitoire

  • Si un accord de convergence est conclu, il a vocation Ă  s’appliquer Ă  tous les salariĂ©s de la nouvelle branche (quelle que soit la branche d’origine). Il sera le fruit d’une nĂ©gociation ; il est donc plus que probable que de nouvelles dispositions conventionnelles seront dĂ©finies dans ce cadre. Les entreprises concernĂ©es par une fusion de branches doivent donc ĂŞtre attentives aux impacts que pourra avoir Ă  terme ce rapprochement.
  • Si aucun accord de convergence ne peut ĂŞtre conclu, en principe, les dispositions de la branche « forte Â» s’imposeront comme dispositions de rĂ©fĂ©rence sur le pĂ©rimètre de la nouvelle branche au bout de 5 ans. Les salariĂ©s et entreprises de la branche « faible Â» devront alors faire application de la convention collective de la branche forte et ne pourront plus se prĂ©valoir des dispositions de leur branche d’origine.

 

Dans une opĂ©ration de fusion de branches, tout le monde est concernĂ© !