Protection sociale

Une des mesures les plus importantes du programme présidentiel, en matière de santé, est sur le point d’entrer en vigueur… Il s’agit, en synthèse, d’organiser une prise en charge totale des dépenses de santé concernant l’optique, et les prothèses dentaires et auditives.

Un panier de soinS sans reste Ă  charge

En pratique, cette réforme conduit à garantir un panier de soins nécessaires et de qualité, sans reste à charge, en agissant sur le tarif des équipements (avec des prix limite de vente et des paniers définis d’équipements – l’assuré demeurant libre de choisir son équipement avec un panier à tarifs libres), en modifiant les bases de remboursement de la sécurité sociale, en prévoyant des remboursements minimums par les régimes complémentaires, ou encore en renforçant les actions de prévention.

Le calendrier de la mise en œuvre de cette réforme s’étale progressivement sur 3 années, du 1er janvier 2019 au 1er janvier 2021.

Une modification de la notion de contrat responsable

Parallèlement, un projet de décret, qui vient d’être diffusé, modifie la notion de contrat responsable, label que doivent revêtir les régimes complémentaires de frais de santé pour bénéficier du régime d’exonération sociale des contributions patronales. Il s’agit notamment d’introduire la prise en charge intégrale de certains équipements d’optique et de prothèse auditive, et d’ajouter la prise en charge de soins dentaires prothétiques et d’orthopédie dentofaciale.

Un projet de dĂ©cret modifie la notion de contrat responsable,  label que doivent revĂŞtir les rĂ©gimes complĂ©mentaires de frais de santĂ© pour bĂ©nĂ©ficier du rĂ©gime d’exonĂ©ration sociale des contributions patronales

En l’état du projet de dĂ©cret, les nouvelles conditions du label « contrat responsable Â» entreront en vigueur le 1er janvier 2020 pour l’optique et le dentaire, et le 1er janvier 2021 pour l’audioprothèse.

Contrairement aux prĂ©cĂ©dentes rĂ©formes, aucune pĂ©riode transitoire ne sera prĂ©vue, raison pour laquelle ce dĂ©cret devrait ĂŞtre publiĂ© prochainement, et suffisamment tĂ´t pour permettre, d’ici lĂ , la mise en conformitĂ© des rĂ©gimes. En effet, ces rĂ©formes nĂ©cessiteront une mise en conformitĂ© des rĂ©gimes de frais de santĂ© mis en place au sein des entreprises. A minima, il en rĂ©sultera une modification des contrats d’assurance. Au pire, il conviendra Ă©galement de modifier le règlement de prĂ©voyance qui a Ă©tĂ© formalisĂ© dans l’entreprise (sous la forme d’un accord collectif, d’un acte soumis au referendum, ou d’une dĂ©cision unilatĂ©rale remise Ă  tous les salariĂ©s). Pour apprĂ©cier la nĂ©cessitĂ© de cette modification (qui sera donc potentiellement nĂ©cessaire pour continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier du rĂ©gime social de faveur), il conviendra d’analyser le contenu de ce document : si le dĂ©tail des prestations y a Ă©tĂ© intĂ©grĂ©, sa modification devra ĂŞtre organisĂ©e. Il en sera de mĂŞme, indirectement, si le niveau et la rĂ©partition des cotisations est affectĂ© et qu’il n’a pas Ă©tĂ© prĂ©vu de clause d’indexation automatique.

En effet, et même s’il est impossible à ce jour d’en déterminer les proportions, il est certain que ces réformes emporteront par ailleurs une évolution du coût des régimes existants…