Contrat de travail

Un salariĂ© quitte l’entreprise. Son contrat de travail comporte une clause de non concurrence. Quelles possibilitĂ©s s’offrent Ă  l’employeur ?

On le sait, il peut dĂ©cider unilatĂ©ralement de redonner sa libertĂ© au salariĂ©, et ainsi se dispenser du versement de l’indemnitĂ© de non-concurrence. Il doit pour cela renoncer Ă  l’application de la clause, ou la « lever Â». Attention, il faut que la clause le prĂ©voie.

Si l’employeur omet de renoncer à la clause, ou le fait tardivement, il devra s’acquitter de l’indemnité alors même qu’il n’y trouve aucun intérêt. En pratique, les oublis sont fréquents et ne peuvent malheureusement être rattrapés.

Pour Ă©viter le pire, 3 « lois Â» Ă  respecter :

« Lors de tout dĂ©part, si le contrat comporte une clause de non concurrence tu vĂ©rifieras ».

La clause de non-concurrence joue dans tous les cas de rupture ou de cessation du contrat.

On pense bien entendu au licenciement ou Ă  la dĂ©mission, mais il faut aussi se poser la question en cas de dĂ©part ou mise Ă  la retraite, rupture d’essai, rupture conventionnelle, prise d’acte de rupture, adhĂ©sion au CSP, etc. En dĂ©finitive, la seule exception est la rupture du contrat en raison du dĂ©cès du salariĂ© (Cass. soc. 29 octobre 2008 n° 07-43.093) …

« Toutes les versions et annexes du contrat tu vĂ©rifieras Â».

Il est fréquent qu’un même contrat de travail comporte différentes moutures, avenants, annexes… Il convient donc de tout consulter afin de vérifier si une clause de non-concurrence ne figure pas dans un document isolé ou une version antérieure du contrat qu’on croyait, peut-être à tort, inapplicable.

« Les conditions de levĂ©e tu connaĂ®tras et respecteras ».

La levĂ©e de la clause n’est valable que si elle est faite dans le dĂ©lai requis :

  • Ce dĂ©lai peut ĂŞtre dĂ©fini par les dispositions conventionnelles de branche ou d’entreprise, et/ou par le contrat de travail : il convient alors de le connaĂ®tre pour le respecter.
  • En tout Ă©tat de cause – dĂ©lai dĂ©fini ou non –, la levĂ©e doit intervenir avant le dĂ©part effectif de l’intĂ©ressĂ© de l’entreprise, et donc notamment avant toute dispense d’activitĂ© dĂ©cidĂ©e ou autorisĂ©e par l’employeur notamment pendant le prĂ©avis (Cass. soc. 21 mars 2018, n° 16-21021 ; Cass. soc. 24 mai 2018, n° 16-24616).

Il est donc indispensable que l’information soit donnée au salarié par un écrit clair et non équivoque comportant date certaine (LRAR, lettre remise contre décharge…).

Sous rĂ©serve des conditions prĂ©vues par les dispositions conventionnelles et/ou par le contrat de travail, il convient :

  • en cas de rupture prononcĂ©e par l’employeur, de faire figurer l’information dans la lettre de notification de la rupture ;
  • en cas de rupture conventionnelle, de faire figurer l’information dans le Cerfa et/ou la convention annexĂ©e ;
  • en cas de rupture Ă  l’initiative du salariĂ© (essai, dĂ©mission, prise d’acte…), de rĂ©agir dans le dĂ©lai et donc d’optimiser le temps de rĂ©ponse par la mise en place d’un process adaptĂ©. C’est le prix de la sĂ©rĂ©nitĂ©.