Protection sociale

Modulation des redressements Urssaf en matière de prĂ©voyance / retraite : tous les redressements faisant l’objet d’une contestation judiciaire en cours sont concernĂ©s !

Les contributions des employeurs au financement de régimes de prévoyance complémentaire ou de retraite supplémentaire bénéficient d’un régime d’exonération sociale, à condition de respecter certaines limites et conditions.

DE LOURDES CONSEQUENCES EN CAS DE MANQUEMENT

Ces conditions, d’application stricte, concernent tant la forme que le fond des rĂ©gimes mis en place : formalisation, contenu et communication aux salariĂ©s des règlements de prĂ©voyance ou de retraite, caractère obligatoire de l’adhĂ©sion des salariĂ©s (sauf cas de dispense), caractère collectif du rĂ©gime, …

Historiquement, tout manquement Ă  ces conditions emportait de lourdes consĂ©quences : la rĂ©intĂ©gration dans l’assiette de cotisations de sĂ©curitĂ© sociale, Ă  l’occasion d’un contrĂ´le de l’Urssaf, de l’intĂ©gralitĂ© des contributions patronales au financement du rĂ©gime, pour l’ensemble des salariĂ©s, et ce y compris lorsque les irrĂ©gularitĂ©s constatĂ©es ne concernaient que quelques salariĂ©s voire un seul d’entre eux, comme cela peut ĂŞtre le cas pour les exigences de justification des dispenses d’adhĂ©sion.

DES CONSEQUENCES LIMITEES PAR LA MODULATION DU REDRESSEMENT DEPUIS LE 01/01/2016

Admettant que ces consĂ©quences Ă©taient disproportionnĂ©es, et surtout contraires aux objectifs de gĂ©nĂ©ralisation et de simplification de la prĂ©voyance d’entreprise, le lĂ©gislateur est venu encadrer, en 2016, les modalitĂ©s de calcul de ces redressements par l’Urssaf. Le principe adoptĂ© est celui de la modulation du redressement, limitĂ© – sauf pour certains manquements d’une particulière gravitĂ© – aux seuls salariĂ©s pour lesquels des irrĂ©gularitĂ©s ont Ă©tĂ© constatĂ©es. Le montant du redressement est ensuite calculĂ© Ă  hauteur de 1,5 ou 3 fois les contributions versĂ©es pour les salariĂ©s considĂ©rĂ©s, selon l’irrĂ©gularitĂ© relevĂ©e.

Cette mesure a eu un impact immĂ©diat : le montant des redressements des rĂ©gimes de prĂ©voyance complĂ©mentaire et de retraite supplĂ©mentaire a, en 2016, Ă©tĂ© diminuĂ© de moitiĂ© (tout en restant l’un des 16 motifs principaux de redressement). Un impact cependant encore limitĂ© puisque le lĂ©gislateur n’a prĂ©vu l’application de cette règle de modulation que pour les contrĂ´les engagĂ©s Ă  compter du 1er janvier 2016.

REDRESSEMENT ANTERIEUR AU 01/01/2016 ? IL N’EST PEUT-ĂŠTRE PAS TROP TARD !

Dans le cadre d’un courrier de la Direction de la SĂ©curitĂ© Sociale, envoyĂ© le 16 juillet 2018 Ă  l’Acoss, il a Ă©tĂ© reconnu que cette règle d’entrĂ©e en vigueur crĂ©e « une diffĂ©rence importante de situation entre les employeurs en fonction de la date Ă  laquelle un contrĂ´le a Ă©tĂ© engagĂ© Â».

Il a été demandé à l’Acoss de faire une application plus généralisée de cette règle à tous les redressements, même liés à des opérations de contrôle antérieures au 1er janvier 2016.

A ce titre, il a été demandé à l’Acoss de faire une application plus généralisée de cette règle à tous les redressements, même liés à des opérations de contrôle antérieures au 1er janvier 2016, à condition que ces redressements aient été contestés en justice et que cette contestation n’ait pas fait l’objet d’une décision définitive de justice.

Pour les entreprises concernées, il est donc encore temps de demander à l’Urssaf, a minima, la minoration des redressements, en se prévalant de ce courrier de la DSS. A défaut, il faudra tenter de lui donner une force juridique devant les Tribunaux saisis…