Conditions de travail

Tout médecin est astreint à des obligations déontologiques et un manquement à ces règles peut l’exposer à une sanction disciplinaire.

L’employeur a-t-il qualité pour établir une plainte à l’encontre du médecin?

Oui ! De façon indirecte en rĂ©alitĂ©.

En effet, l’employeur est recevable à adresser une plainte au conseil national / départemental de l’ordre au tableau duquel le médecin est inscrit et cette instance pourra initier une action disciplinaire en saisissant la chambre disciplinaire de première instance.

Le Conseil d’état a confirmĂ© cette facultĂ© (CE 11 oct. 2017 n° 403576). En effet, face Ă  la recrudescence de plaintes introduites par des employeurs, des associations et syndicats de mĂ©decins avaient contestĂ© la liste des personnes pouvant porter plainte mentionnĂ©e Ă  l’article R. 4126-1 du code la santĂ© publique et sollicitĂ© la suppression de l’adverbe « notamment Â» dont les employeurs se prĂ©valent pour agir.

Dans quelles hypothèses une plainte peut-elle être raisonnablement établie ?

Concrètement, cela peut recouvrir les hypothèses suivantes :

  • l’établissement d’un certificat de complaisance (strictement et expressĂ©ment interdit par le code de la santĂ© publique) reprenant les faits relatĂ©s par un salariĂ© sans que le mĂ©decin ne les ait constatĂ©s personnellement, mĂ©connaissant ainsi le principe de moralitĂ© et de probitĂ© ;
  • la rĂ©daction d’une attestation mĂ©dicale tendancieuse qui Ă©tablit un lien entre la pathologie d’un salariĂ© et ses conditions de travail.

Comment la plainte doit-elle ĂŞtre formalisĂ©e ?

L’employeur adresse au Conseil de l’ordre concerné un courrier circonstancié (et recommandé par précaution) explicitant en quoi le manquement du médecin à ses obligations déontologiques le lèse de manière suffisamment directe et certaine.

Quel est l’intérêt d’une telle plainte et quelles sont les conséquences pour le médecin?

L’intérêt peut être de taille.

En effet, les certificats / attestations ainsi rĂ©digĂ©s par le mĂ©decin « de ville Â» du salariĂ© sont (trop) souvent produits dans le cadre du dĂ©bat judiciaire par le salariĂ© pour tenter d’imputer la responsabilitĂ© de la dĂ©gradation de son Ă©tat de santĂ© Ă  son employeur.

Stratégiquement cela pourrait conduire le salarié à retirer sa pièce des débats s’il était informé du dépôt de plainte ou, à défaut, atténuer grandement sa force probante.

In fine, la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins peut adresser au médecin une sanction disciplinaire (avertissement, blâme …), laquelle demeure généralement symbolique.