Contrat de travail

Un arrêt récent de la Chambre commerciale

En l’espèce une sociĂ©tĂ© tentait d’obtenir en justice l’exĂ©cution d’une promesse unilatĂ©rale de vente. La cour d’appel a rejetĂ© ses demandes, estimant que la promesse unilatĂ©rale de vente ne pouvait pas ĂŞtre exĂ©cutĂ©e, car la promesse avait Ă©tĂ© conclu avec des signatures scannĂ©es. Pour les juges d’appel, ce mode de signature ne permettait pas d’identifier avec certitude les auteurs de la signature. Par ailleurs, la preuve n’Ă©tait pas rapportĂ©e que les « signataires » auraient personnellement consenti Ă  l’apposition de leur signature scannĂ©e sur l’acte : par consĂ©quent, la preuve de leur consentement faisait dĂ©faut. La sociĂ©tĂ© s’est ensuite pourvue en cassation.

Dans un arrĂŞt du 13 mars, la Chambre commerciale de la Cour de cassation confirme la dĂ©cision de la Cour d’appel. Après avoir rappelĂ© que « l’article 1367, alinĂ©a 1, du code civil, dispose que la signature nĂ©cessaire Ă  la perfection d’un acte juridique identifie son auteur et qu’elle manifeste son consentement aux obligations qui dĂ©coulent de cet acte« , elle indique que c’est Ă  bon droit que les juges du fond ont retenu que Â«Â le procĂ©dĂ© consistant Ă  scanner des signatures, s’il est valable, ne peut ĂŞtre assimilĂ© Ă  celui utilisĂ© pour la signature Ă©lectronique qui bĂ©nĂ©ficie d’une prĂ©somption de fiabilitĂ© par application de l’article 1367, alinĂ©a 2, du code civil« . 

La position de la Chambre sociale

Rappelons que dans un arrĂŞt du 14 dĂ©cembre 2022, Ă  propos de la signature d’un CDD par l’employeur, la Chambre sociale de la Cour de cassation avait Ă©galement dĂ©cidĂ© que « l’apposition d’une signature sous forme d’une image numĂ©risĂ©e ne pouvait ĂŞtre assimilĂ©e Ă  une signature Ă©lectronique au sens de l’article 1367 du code civil« .

Dans cette espèce toutefois, il n’Ă©tait pas contestĂ© que la signature en cause Ă©tait celle du gĂ©rant de la sociĂ©tĂ© et permettait parfaitement d’identifier son auteur, lequel Ă©tait habilitĂ© Ă  signer un contrat de travail. Par consĂ©quent, il avait Ă©tĂ© jugĂ© que l’apposition de la signature manuscrite numĂ©risĂ©e du gĂ©rant de la sociĂ©tĂ© ne valait pas absence de signature et que la demande de requalification du salariĂ© devait ĂŞtre rejetĂ©e.

La signature électronique, solution la plus sûre ?

Si la praticitĂ© de la signature Ă©lectronique sĂ©duit, mĂ©fiance toutefois lors du choix du recours Ă  celle-ci ! La signature Ă©lectronique peut avoir la mĂŞme valeur qu’une signature manuscrite sous rĂ©serve que la personne signataire puisse ĂŞtre identifiĂ©e et qu’il soit Ă©tabli que l’intĂ©gritĂ© du document signĂ© n’a pas pu ĂŞtre altĂ©rĂ©e.

L’article 1367 du Code civil et le règlement europĂ©en eIDAS encadrent le recours Ă  la signature Ă©lectronique. Il existe selon ce règlement 4 niveaux de signature Ă©lectronique, dont la mise en Ĺ“uvre est plus ou moins complexe et qui offrent Ă  ses utilisateurs une sĂ©curitĂ© plus ou moins importante.

➡️ Comment faire le bon choix ? NeĂŻla Sadnia fait le point sur ces diffĂ©rentes signatures dans son article « Choisir la bonne signature Ă©lectronique !«Â