Le Gouvernement a élaboré un avant-projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat.
Il devrait être débattu début juillet en Conseil des ministres.
Plusieurs mesures du projet de loi sont destinées à faciliter la diffusion de l’intéressement.
Durée maximale de 5 ans
Le texte prévoit de porter à 5 ans (au lieu de 3 ans actuellement) la durée maximale des accords d’intéressement (y compris les intéressements de projet) ou décisions unilatérales instaurant un tel dispositif. Cette nouveauté qui a pour objet de permettre aux entreprises d’adopter une projection sur un plus long terme concerne toutes les entreprises quelle que soit leur taille.
Mise en place unilatérale dans les entreprises de moins de 50 salariés
Jusqu’alors réservé aux entreprises de moins de 11 salariés, la faculté de mettre en œuvre l’intéressement par décision unilatérale serait étendue aux entreprises de moins de 50 salariés. Selon les termes de la fiche de présentation transmise à la CNNCEFP, l’objectif de cette mesure est de « faciliter l’appropriation de l’intéressement par les plus petites entreprises qui sont le moins dotées de dispositifs de partage de la valeur et dans lesquelles le dialogue social est peu développé ».
Ainsi, dans une entreprise dĂ©pourvue de dĂ©lĂ©guĂ© syndical ou de CSE, la mise en place unilatĂ©rale pourrait intervenir Ă la condition que l’entreprise ne soit pas couverte par un accord de branche agréé. En revanche, si elle comporte un dĂ©lĂ©guĂ© syndical ou un CSE, une nĂ©gociation en vue de conclure un accord d’intĂ©ressement, selon les modes de conclusion propre Ă la mise en place de ce rĂ©gime, devrait prĂ©alablement ĂŞtre engagĂ©e. Ce n’est qu’en cas d’échec des nĂ©gociations (constatĂ© par PV de dĂ©saccord), et si l’entreprise n’est pas couverte par un accord de branche agréé, que l’intĂ©ressement pourra ĂŞtre mis en place de manière unilatĂ©rale. Le CSE doit ĂŞtre consultĂ© sur le projet de rĂ©gime d’intĂ©ressement au moins 15 jours avant son dĂ©pĂ´t auprès de l’autoritĂ© administrative.
Dans les deux hypothèses, il n’est plus exigĂ© que la mise en place unilatĂ©rale de l’intĂ©ressement n’intervienne qu’à la condition qu’aucun accord d’intĂ©ressement ne soit applicable ni n’ait Ă©tĂ© conclu dans l’entreprise depuis au moins cinq ans avant la date d’effet de sa dĂ©cision.
La reconduction de l’accord d’intéressement pourra être réalisée de manière unilatérale (alors qu’actuellement seul un accord peut le permettre).
Dispositif d’intéressement type
La mise en place d’un dispositif d’intéressement type via une procédure dématérialisée qui doit être précisée par décret est envisagée. Cette procédure permettra de sécuriser les exonérations dès le dépôt. Il est indiqué dans la fiche de présentation transmise à la CNNCEFP que le site « Mon-interessement.urssaf.fr » évoluera afin de générer des accords ou décisions unilatérales type d’intéressement dont le contenu sera construit pour être conforme aux textes légaux en vigueur, en encadrant davantage les choix de rédaction de l’accord.
Réduction des délais de contrôle
Cette disposition qui concerne tous les dispositifs d’épargne salariale supprime le contrôle de forme opéré par les directions départementales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) afin de raccourcir d’un mois les délais de contrôle préalable.