Protection sociale

Communiqué Urssaf

La loi du 17 juin 2020 a instaurĂ© l’obligation de maintien des garanties de protection sociale complĂ©mentaire pour les salariĂ©s placĂ©s en activitĂ© partielle ou activitĂ© partielle de longue durĂ©e.

Initialement prĂ©vu jusqu’au 30 juin 2021, l’instruction interministĂ©rielle du 17 juin 2021 prolonge ce principe selon les modalitĂ©s prĂ©cisĂ©es par la loi du 17 juin 2020.

Ainsi, lorsque les salariés sont placés en activité partielle ou en activité partielle de longue durée, les garanties des régimes de prévoyance doivent être maintenues par l’employeur.

En revanche, cette obligation ne s’applique pas aux garanties de retraite supplémentaire.

Lorsque la pĂ©riode de suspension du contrat de travail est indemnisĂ©e par l’employeur, le caractère collectif est respectĂ© si le salariĂ© a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un maintien des garanties.

Ainsi, pour bénéficier de l’exonération de cotisations sociales, l’employeur doit continuer à verser la contribution patronale. De même, le salarié est tenu de verser la part salariale de la contribution.
En revanche, il est possible d’opter pour une répartition plus favorable pour les salariés, sans remettre en cause le caractère collectif.

Il est Ă©galement possible de prĂ©voir un maintien de la garantie Ă  titre gratuit : dans ce cas, le caractère collectif sera retenu mĂŞme si la contribution de l’employeur n’est pas maintenue.

Attention : le non-respect de ces dispositions prive les garanties de leur caractère collectif et obligatoire. L’exonĂ©ration des cotisations sociales ne pourra donc plus s’appliquer.

Calcul de l’assiette des cotisations

Les contributions et prestations sont calculées sur le montant de l’indemnisation versée dans le cadre de la suspension du contrat de travail (soit l’indemnisation légale, complétée, le cas échéant, par l’indemnisation complémentaire versée par l’employeur).

L’indemnité d’activité partielle brute viendra donc se substituer aux revenus d’activité afin de permettre la reconstitution de l’assiette de calcul des cotisations salariales et patronales de protection sociale complémentaire.

Si un salarié a cumulé rémunération et indemnité d’activité partielle au cours d’un même mois, l’indemnité d’activité partielle est l’assiette pour les heures chômées et la rémunération pour les heures travaillées.

Cette reconstitution d’assiette ne remet pas en cause les caractères obligatoire et collectif des régimes et ne nécessite aucun formalisme particulier.

En revanche, si l’employeur souhaite appliquer une assiette différente, une formalisation est nécessaire pour pouvoir bénéficier de l’exonération de cotisations sociales (accord collectif ou DUE et avenant au contrat d’assurance ou au règlement).

Il en est de même s’il souhaite opter pour une reconstitution de la rémunération habituelle sur la base du montant moyen des rémunérations perçues au cours des douze mois précédant la période d’activité partielle.

Limites d’exonération

Lorsque les conditions sont respectĂ©es, les contributions de prĂ©voyance complĂ©mentaire sont exclues de l’assiette des cotisations et contributions sociales du salariĂ© dans la limite :

  • de 6 % du Pass par salariĂ© ;
  • de 1,5 % de la rĂ©munĂ©ration soumise Ă  cotisations de SĂ©curitĂ© sociale.

Le total ne doit pas excĂ©der 12 % du montant annuel du plafond de la SĂ©curitĂ© sociale.

La rĂ©munĂ©ration Ă  retenir au titre de la pĂ©riode de suspension du contrat de travail correspond selon les cas :

  • soit Ă  l’indemnitĂ© d’activitĂ© partielle (lĂ©gale et complĂ©mentaire) ;
  • soit Ă  la rĂ©munĂ©ration reconstituĂ©e sur la base du montant moyen des rĂ©munĂ©rations soumises Ă  cotisations perçues au cours des 12 derniers mois ;
  • soit lorsque l’assiette des cotisations est dĂ©terminĂ©e selon d’autres modalitĂ©s (pourcentage du plafond…), Ă  la rĂ©munĂ©ration reconstituĂ©e.

Lorsque le salarié cumule, au cours d’un même mois, activité et suspension du contrat de travail, le revenu pris en compte au titre de la période de suspension du contrat de travail peut être identique à la rémunération horaire soumise à cotisations pour les heures travaillées sur cette même période.

La fraction de la contribution de l’employeur excĂ©dant la limite d’exonĂ©ration doit ĂŞtre intĂ©grĂ©e dans l’assiette des cotisations de SĂ©curitĂ© sociale et d’assurance chĂ´mage.

Mise en place et application dans le temps

Ces dispositions sont applicables depuis le 1er juillet 2021.
En revanche, dans le contexte lié à la crise sanitaire Covid-19, des dispositions transitoires sont mises en œuvre afin de ne pas remettre en cause les droits des salariés.

Ainsi, le respect du caractère collectif et obligatoire ne sera pas remis en cause :

  • avant le 1er janvier 2022 lorsque le dispositif a Ă©tĂ© mis en place par dĂ©cision unilatĂ©rale de l’employeur ;
  • avant le 1er janvier 2025 lorsque le dispositif a Ă©tĂ© mis en place par accord de branche, convention collective, accord d’entreprise, ou accord rĂ©fĂ©rendaire.

A la condition, dans les deux cas, que le contrat liant l’employeur Ă  l’organisme gestionnaire soit conforme au 1er janvier 2022.

En tout Ă©tat de cause (absence de mise en conformitĂ© de l’acte fondateur et du contrat collectif, dans les dĂ©lais respectifs impartis) le respect du caractère collectif n’est pas remis en cause sur l’annĂ©e 2021 dès lors que l’instruction interministĂ©rielle du 16 novembre 2020 spĂ©cifique Ă  l’activitĂ© partielle et activitĂ© partielle de longue durĂ©e, a Ă©tĂ© appliquĂ©e jusqu’au 31 DĂ©cembre 2021. 

De mĂŞme, en l’absence de modification du contrat ou règlement d’assurance avant le 1er janvier 2022, du au formalisme prescrit par les statuts de l’organisme gestionnaire, le respect du caractère collectif et obligatoire ne sera pas remis en cause jusqu’au 30 juin 2022, dès lors que la circulaire prĂ©citĂ©e du 16 novembre 2020 a Ă©tĂ© appliquĂ©e jusqu’à cette date.

Texte applicable :
Instruction interministĂ©rielle n° 2021-127 du 17 juin 2021