Protection sociale

Il rĂ©sulte de l’article 461 du code de procĂ©dure civile que les juges saisis d’une contestation relative Ă  l’interprĂ©tation d’une prĂ©cĂ©dente dĂ©cision ne peuvent, sous le prĂ©texte d’en dĂ©terminer le sens, modifier les droits et obligations reconnus aux parties par cette dĂ©cision.

Pour accueillir la requĂŞte en interprĂ©tation prĂ©sentĂ©e par la CPAM, les juges du fond ont Ă©noncĂ©, qu’il est admis que, par interprĂ©tation, on puisse ajouter Ă  une dĂ©cision des prĂ©cisions qui ne sont que la consĂ©quence nĂ©cessaire de la dĂ©cision. Ils ajoutent qu’il rĂ©sulte des articles L. 452-1 Ă  L. 452-3 du code de la sĂ©curitĂ© sociale que la CPAM, tenue de faire l’avance des sommes allouĂ©es, dĂ©tient de plein droit, du fait de la loi, contre l’employeur convaincu de faute inexcusable auquel la dĂ©cision de prise en charge au titre de la lĂ©gislation professionnelle est opposable, non seulement une action rĂ©cursoire mais un droit Ă  remboursement. Les juges du fond en ont conclu que l’employeur Ă©tait tenu de rembourser les sommes avancĂ©es par la caisse mĂŞme si le rappel de ce droit au remboursement ne figurait pas dans le dispositif du jugement.

En statuant ainsi, alors qu’il rĂ©sultait de leurs Ă©nonciations que le jugement dont ils Ă©taient saisis pour interprĂ©tation ne s’Ă©tait pas prononcĂ© sur l’action rĂ©cursoire de la caisse, en l’absence de toute demande Ă  ce titre, les juges du fond ont modifiĂ© les droits et obligations des parties et violĂ© l’article 461 du code de procĂ©dure civile

Cass. civ., 2e, 22 octobre 2020, n°19-16895, F-P+B+I