Ce qui change en 2025
Depuis le 1er juillet 2025, les obligations de formation en matière de sécurité au travail sont renforcées, notamment la prévention des risques liés à la chaleur. Cette obligation concerne tous les travailleurs, y compris les stagiaires.
Qu’est-ce qu’un stage ?
Le code de l’éducation dĂ©finit le stage comme une pĂ©riode temporaire de mise en situation en milieu professionnel. Il permet Ă l’Ă©lève ou l’Ă©tudiant de dĂ©velopper des compĂ©tences professionnelles et de mettre en Ĺ“uvre les acquis de sa formation en vue d’obtenir un diplĂ´me ou une certification et de favoriser son insertion professionnelle.
Cette pĂ©riode doit faire l’objet d’une convention entre le stagiaire, l’organisme d’accueil et l’Ă©tablissement d’enseignement.
Dans quel cadre pouvez-vous accueillir un stagiaire ?
La personne accueillie en stage doit obligatoirement suivre un cursus de formation, dont le volume pĂ©dagogique d’enseignement est de 200 heures minimum par annĂ©e d’enseignement (article D124-2 du code de l’éducation).
En d’autres termes, vous ne pouvez pas accueillir de stagiaire en dehors d’un cursus pĂ©dagogique scolaire ou universitaire.
Tout stage doit par ailleurs faire l’objet d’un double encadrement :
- par un enseignant référent désigné au sein des équipes pédagogiques de l’établissement d’enseignement,
- et par un tuteur désigné par l’entreprise, chargé de l’accueil et de l’accompagnement du stagiaire.
Ă€ savoir
Un stagiaire n’étant pas liĂ© par un contrat de travail Ă l’entreprise qui l’accueille, il n’a pas le statut de salariĂ©. L’employeur n’a donc pas Ă effectuer de dĂ©claration prĂ©alable Ă l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf.
ll doit en revanche mentionner, dans une partie spécifique du registre unique du personnel, les noms et prénoms des stagiaires accueillis dans l’établissement selon l’ordre d’arrivée (article L1221-13 du code du travail).
Quelles missions pouvez-vous confier à un stagiaire ?
Un stage doit permettre au stagiaire d’acquĂ©rir et de mettre en Ĺ“uvre les compĂ©tences professionnelles en lien avec sa formation. Les missions qui lui sont confiĂ©es doivent ĂŞtre « conformes au projet pĂ©dagogique dĂ©fini par son Ă©tablissement d’enseignement et approuvĂ©es par l’organisme d’accueil » (article L124-1 du code de l’éducation).
Ă€ noter : il n’est pas possible de conclure une convention de stage dans les cas suivants (article L124-7 du code de l’éducation) :
- pour remplacer un salariĂ© en cas d’absence ou de suspension de son contrat de travail,
- pour exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent,
- pour faire face Ă un accroissement temporaire d’activitĂ©,
- pour occuper un emploi saisonnier.
Ă€ savoir
Il est interdit de confier au stagiaire des tâches dangereuses pour sa santé ou sa sécurité (article L124-14 du code de l’éducation).
Combien de stagiaires pouvez-vous accueillir en même temps ?
Cela dĂ©pend de la taille de l’entreprise (article R124-10 du code de l’éducation) :
- les entreprises de moins de 20 salariés peuvent accueillir trois stagiaires maximum en même temps,
- pour les entreprises de 20 salariĂ©s et plus, le nombre de stagiaires dont la convention de stage est en cours pendant une mĂŞme semaine civile ne peut pas excĂ©der 15 % de l’effectif.
À propos du délai de carence
Sur un mĂŞme poste, l’employeur doit respecter un dĂ©lai minimal (appelĂ© « dĂ©lai de carence ») pour pouvoir proposer un nouveau stage. Il correspond Ă un tiers de la durĂ©e du stage prĂ©cĂ©dent.
Ainsi, si le précédent stage avait une durée de trois mois, l’employeur doit respecter un délai d’un mois avant d’accueillir un nouveau stagiaire sur le même poste.
Combien de temps un stage peut-il durer ?
La durĂ©e maximale d’un stage est de six mois par organisme d’accueil et par annĂ©e d’enseignement (article L124-5 du code de l’éducation).
Pour calculer cette durĂ©e, il est nĂ©cessaire de tenir compte de la prĂ©sence effective du stagiaire dans l’organisme d’accueil, en considĂ©rant que :
- sept heures de présence, consécutives ou non, représentent une journée de présence
- 22 jours de présence, consécutifs ou non, représentent un mois.
La durĂ©e maximale de six mois de stage est atteinte dès lors que le stagiaire a accompli, durant l’annĂ©e d’enseignement, 924 heures de prĂ©sence effective dans l’organisme d’accueil.
De plus, le temps de travail du stagiaire ne doit pas dépasser 35 heures par semaine, sauf exceptions prévues par la réglementation.
Ă€ savoir
Les jours de congés et d’autorisation d’absence en cas de grossesse, de paternité ou d’adoption, ainsi que les congés et autorisations d’absence prévus dans la convention de stage, sont assimilés à du temps de présence pour le calcul de la durée du stage (article L124-13 du code l’éducation).
Quelles sont les règles concernant la convention de stage ?
Le stage en milieu professionnel donne obligatoirement lieu à la signature d’une convention de stage entre l’employeur, l’étudiant (futur stagiaire) et l’organisme de formation dont il dépend.
Cette convention fixe les règles obligatoires ou facultatives relatives au bon déroulement du stage. Elle doit notamment renseigner les informations suivantes (article D124-4 du code de l’éducation) :
- l’intitulĂ© complet du cursus ou de la formation du stagiaire et son volume horaire par annĂ©e ou semestre d’enseignement,
- les activités confiées au stagiaire et les compétences à acquérir au cours du stage,
- les noms de l’enseignant rĂ©fĂ©rent et du tuteur dans l’organisme d’accueil,
- les dates de début et de fin du stage et la durée hebdomadaire maximale de présence du stagiaire,
- les conditions d’autorisation d’absence,
- le taux horaire de la rémunération (appelée « gratification », voir le paragraphe suivant), calculée sur la base de la présence effective du stagiaire, et les conditions de son versement,
- les éventuels avantages accordés au stagiaire (restauration, hébergement, remboursement de frais…),
- le rĂ©gime de protection sociale dont bĂ©nĂ©ficie le stagiaire, notamment en cas d’accident de travail.
En savoir plus sur le contenu de la convention de stage
Ă€ savoir
Notez que lorsque le stage dure plus de deux mois, la convention de stage doit prĂ©voir la possibilitĂ© de prise de congĂ©s et d’autorisations d’absence. En dessous de deux mois, la prise de congĂ©s n’est pas obligatoire.
Devez-vous verser une gratification financière au stagiaire ?
Le versement d’une gratification mensuelle au stagiaire est obligatoire dès lors qu’il est accueilli par l’entreprise plus de deux mois consécutifs. Si sa présence n’est pas continue, la gratification doit être versée à partir de la 309e heure de stage.
Le montant minimum est fixé à 15 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 4,35 € par heure de présence effective depuis le 1er janvier 2024.
En dessous de cette durĂ©e de deux mois, la gratification est facultative et relève d’une nĂ©gociation entre le stagiaire et l’organisme d’accueil.
Calculez la gratification d’un stagiaire
Le site entreprendre.service-public.fr propose un simulateur vous permettant de calculer le montant minimal dû en fonction des heures de présence effective du stagiaire.
AccĂ©dez au simulateur de calcul de la gratification minimale d’un stagiaire
À savoir :
Une autre allocation est prévue par l’arrêté du 11 août 2023 pour les lycéens en filière professionnelle. Elle est cumulable avec la gratification minimale de stage.
De quels droits et avantages financiers le stagiaire bénéficie-t-il ?
Même si le stagiaire n’a pas le statut de salarié, il doit bénéficier, au même titre et conditions que les salariés de l’organisme d’accueil, de protection et de droits, liés notamment au harcèlement moral ou sexuel (article L124-12 du code de l’éducation). Il a également accès aux mêmes avantages que les salariés tels que les activités culturelles et sociales du comité d’entreprise. Il en est de même pour l’accès au restaurant d’entreprise ou concernant l’octroi de titres-restaurant.
Ă€ propos des frais de transport
Concernant les frais de transports publics (mĂ©tro, bus, location de vĂ©lo…) engagĂ©s par le stagiaire pour se rendre sur le lieu de stage depuis son domicile, le remboursement d’une partie de ces frais est une obligation pour l’employeur (article L3261-2 du code du travail). La proportion prise en charge varie selon le secteur privĂ© et public.
En revanche, la prise en charge par l’employeur des frais de transports personnels pour se rendre sur le lieu de travail n’est pas obligatoire. Le code du travail stipule que l’employeur « peut prendre en charge » ce type de dĂ©placement. La prise en charge doit ĂŞtre prĂ©vue par un accord collectif ou une dĂ©cision de l’employeur (article L3261-4 du code du travail).
Ă€ savoir
Le remboursement de ces frais divers ne fait pas partie de la gratification mensuelle, mais doit être payé en plus.
Si le montant horaire de la gratification ne dépasse pas 4,35 €, vous êtes exonéré de toutes les charges sociales (CSG et CRDS comprises). Seule la cotisation accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) reste due.
En cas de non-respect des règles d’encadrement des stages, l’employeur encourt une amende administrative pouvant aller jusqu’Ă 2 000 euros par stagiaire concernĂ©, et jusqu’à 4 000 euros en cas de nouvelle infraction dans l’annĂ©e qui suit la première amende (article L124-17 du code de l’éducation).
Quelles formalités effectuer à la fin du stage ?
À la fin de la période de stage, vous devez remettre au stagiaire une attestation. Celle-ci mentionne la durée effective du stage et, le cas échéant, le montant total de la gratification versée.
Retrouvez un modèle d’attestation de stage
De son cĂ´tĂ©, le stagiaire transmet Ă son Ă©tablissement d’enseignement un document dans lequel il Ă©value la qualitĂ© de son stage.
Ă€ savoir
Il est possible d’embaucher le stagiaire Ă l’issue de la pĂ©riode de stage. Ce dernier bĂ©nĂ©ficie alors, sous conditions, de certains avantages (rĂ©duction de la durĂ©e de la pĂ©riode d’essai, prise en compte de la durĂ©e du stage dans le calcul de l’anciennetĂ©, etc.).
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