Protection sociale

A Ă©tĂ© diffusĂ©e le 12 dĂ©cembre 2019 une circulaire de la direction de la sĂ©curitĂ© sociale (DSS) adressĂ©e Ă  l’ACOSS indiquant que la mise Ă  disposition de leurs salariĂ©s par les employeurs d’espaces ou d’équipements visant Ă  favoriser la pratique sportive en entreprise ne caractĂ©rise pas un avantage en nature susceptible d’être assujetti Ă  cotisations et contributions sociales (Lettre DSS Ă  l’Acoss du 12 dĂ©cembre 2019 sur l’exonĂ©ration de l’assiette des cotisations des Ă©quipements mis Ă  disposition pour les activitĂ©s sportives, Ă  tĂ©lĂ©chager ci-dessous).

Mise en place d’une activitĂ© sportive par l’employeur : avantage en nature !

En principe, conformément aux dispositions de l’article L. 242-1 du code de la sécurité sociale, sont soumises à cotisations toutes les sommes ainsi que tous les avantages et accessoires en nature ou en argent dus en contrepartie ou à l’occasion d’un travail. La Cour de cassation, sauf sporadiques exceptions, se montre toujours très stricte dans l’application de ces dispositions.

Une instruction ministĂ©rielle du 17 avril 1985 avait nĂ©anmoins prĂ©cisĂ© que les prestations en nature ou en espèce mises en place par les comitĂ©s d’entreprise pour les salariĂ©s, ou anciens salariĂ©s, se rattachant Ă  une activitĂ© sociale et culturelle ne donnaient pas lieu Ă  cotisation. L’on pouvait constater que l’instruction ministĂ©rielle visait tout aussi bien les activitĂ©s de dĂ©tente, de loisir et les activitĂ©s sportives.

Ce principe prévalait également si les activités étaient proposées par l’employeur en l’absence de CE/CSE.

Cependant, Ă©tant d’application stricte, l’instruction ministĂ©rielle n’ouvrait pas la possibilitĂ© pour les employeurs de mettre en place – seuls – des activitĂ©s sportives, lorsque l’entreprise Ă©tait dotĂ©e d’un CE/CSE.

Cette mise en place, sans passer par la case « activitĂ© sociale et culturelle du CSE Â» Ă©tait assimilĂ©e par les URSSAF comme un avantage en nature soumis Ă  cotisations, comme l’illustre l’affaire ADIDAS dont la filiale française est en « bataille juridique Â» avec l’URSSAF depuis 2015 (l’affaire n’est toujours pas close Ă  ce jour). 

L’assouplissement préconisé par la DSS

Le sport en entreprise Ă©tant un enjeu important pour le bien ĂŞtre et la santĂ© des salariĂ©s et afin d’en favoriser la pratique, la circulaire du 12 dĂ©cembre 2019 donne clairement le feu vert aux entreprises pour la mise en place – sans passer par le CE/CSE lorsqu’il existe –  d’un  Â« accès Ă  un Ă©quipement dĂ©diĂ© Ă  la rĂ©alisation d’activitĂ©s sportives tel qu’une salle de sport appartenant Ă  l’entreprise, ou un espace gĂ©rĂ© par l’entreprise ou dont la location est prise en charge par l’entreprise aux fins d’une pratique sportive, ainsi que l’organisation de cours de sport ou d’activitĂ©s physiques et sportives dans l’un de ces espaces Â».

Dans ces hypothèses, aucune cotisation ne sera due par l’employeur si, et seulement si, l’accès à cet équipement bénéficie à l’ensemble des salariés sans distinction.

Il reste nĂ©anmoins une limite qui constitue certainement le levier le plus important favorisant la pratique sportive en entreprise : le financement d’abonnements ou de participation individuelle Ă  des cours de sport organisĂ©s en dehors de l’un des espaces mentionnĂ©es ci-dessus continuent de constituer un avantage en nature assujetti. 

Cette Ă©volution est nĂ©anmoins très intĂ©ressante. A la salle (de sport) dĂ©sormais !

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