Selon le code du travail (art. L. 1225-71), la nullitĂ© du licenciement est encourue lorsque l’employeur licencie la salariĂ©e en Ă©tat de grossesse mĂ©dicalement constatĂ©, pendant l’intĂ©gralitĂ© des pĂ©riodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congĂ© de maternitĂ©, et au titre des congĂ©s payĂ©s pris immĂ©diatement après le congĂ© de maternitĂ© ainsi que pendant les dix semaines suivant l’expiration de ces pĂ©riodes, sauf s’il justifie d’une faute grave de l’intĂ©ressĂ©e, non liĂ©e Ă l’Ă©tat de grossesse, ou de son impossibilitĂ© de maintenir ce contrat pour un motif Ă©tranger Ă la grossesse ou Ă l’accouchement.
Selon le code du travail (art. L. 1235-3-1), dans sa rĂ©daction issue de la loi n° 2018-217 du 29 mars 2018, l’indemnitĂ© de licenciement est due sans prĂ©judice du paiement du salaire, lorsqu’il est dĂ» en application des dispositions de l’article L. 1225-71 et du statut protecteur dont bĂ©nĂ©ficient certains salariĂ©s en application du chapitre Ier du titre Ier du livre IV de la deuxième partie du code du travail, qui aurait Ă©tĂ© perçu pendant la pĂ©riode couverte par la nullitĂ© et, le cas Ă©chĂ©ant, sans prĂ©judice de l’indemnitĂ© de licenciement lĂ©gale, conventionnelle ou contractuelle.
Il rĂ©sulte de la combinaison de ces dispositions, interprĂ©tĂ©e Ă la lumière des articles 10 de la directive 92/85/CEE et 18 de la directive 2006/54/CE prĂ©citĂ©s, que la salariĂ©e, qui n’est pas tenue de demander sa rĂ©intĂ©gration, a droit, outre les indemnitĂ©s de rupture et une indemnitĂ© au moins Ă©gale Ă six mois de salaire rĂ©parant intĂ©gralement le prĂ©judice subi rĂ©sultant du caractère illicite du licenciement, aux salaires qu’elle aurait perçus pendant la pĂ©riode couverte par la nullitĂ©.
Cass. soc., 6 novembre 2024, n°23-14.706, FS-B
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