Contrat de travail

Communiqué du Ministère du travail

1) Visite d’information et de prĂ©vention : pour qui ?

A l’occasion de son embauche, tout salarié bénéficie d’une visite d’information et de prévention, qui doit être organisée dans un délai maximum de trois mois à compter de l’occupation effective du poste de travail (sauf cas de dispense). Pour certains salariés, comme les jeunes de moins de 18 ans ou les travailleurs de nuit, cette visite doit toutefois avoir lieu avant la prise de fonction.

Bon Ă  savoir ! Tout salariĂ© affectĂ© Ă  un poste prĂ©sentant des risques particuliers pour sa santĂ© (exposition Ă  l’amiante, au plomb, Ă  des agents cancĂ©rogènes, etc.) doit passer, avant sa prise de fonction, un examen mĂ©dical d’aptitude et non une simple visite d’information et de prĂ©vention.

La visite d’information et de prévention permet d’interroger le salarié sur son état de santé, et d’envisager, si besoin, son orientation spécifique vers le médecin du travail. Elle vise aussi à informer le salarié sur les risques éventuels auxquels l’expose son poste de travail, et à le sensibiliser sur les moyens de prévention.

Cette visite n’est pas toujours assurée par le médecin du travail lui-même.Le salarié peut être reçu par un professionnel de santé (par exemple, un interne en médecine du travail, un infirmier en santé au travail) intervenant sous son autorité et dans le cadre de protocoles écrits. Toutefois, certains salariés comme par exemple les femmes enceintes, celles qui viennent d’accoucher ou allaitent leur enfant, ou encore les travailleurs handicapés, sont adressés au médecin du travail afin que leur soit proposé un suivi adapté à leur situation.

2) MĂ©decine du travail : quel dĂ©lai entre deux visites ?

Le Code du travail fixe Ă  5 ans le dĂ©lai maximum entre deux visites d’information et de prĂ©vention Ă  la mĂ©decine du travail. Mais cet intervalle est ramenĂ© Ă  trois ans pour les salariĂ©s dont l’état de santĂ©, l’âge, les conditions de travail ou les risques professionnels auxquels ils sont exposĂ©s le nĂ©cessitent. Sont, par exemple, concernĂ©s par ce suivi adaptĂ© : les travailleurs handicapĂ©s, les salariĂ©s titulaires d’une pension d’invaliditĂ© et les travailleurs de nuit.

Bon Ă  savoir ! Les salariĂ©s affectĂ©s Ă  des postes Ă  risques bĂ©nĂ©ficient d’un suivi renforcĂ©. Le dĂ©lai entre deux examens par le mĂ©decin du travail ne peut pas excĂ©der quatre ans. Et, une visite intermĂ©diaire est effectuĂ©e par un professionnel de santĂ© au plus tard deux ans après la visite avec le mĂ©decin du travail.

3) MĂ©decine du travail : quand s’impose une visite de reprise ?

Le salariĂ© doit bĂ©nĂ©ficier d’un examen de reprise du travail :

  •  après un congĂ© de maternitĂ© ;
  •  après une absence pour cause de maladie professionnelle ;
  •  après une absence d’au moins 30 jours pour cause d’accident du travail ;
  •  après une absence d’au moins 60 jours pour cause de maladie ou d’accident non professionnel (disposition applicable aux arrĂŞts de travail dĂ©butant Ă  compter du 1er avril 2022).

Cette visite est obligatoire pour les salariés à qui elle est destinée. Dès que l’employeur a connaissance de la date de la fin de l’arrêt de travail, il doit saisir le service de santé au travail qui organise cet examen de reprise le jour de la reprise effective du travail, et au plus tard dans un délai de huit jours qui suivent cette reprise.
La visite de reprise permet de vérifier que le poste de travail du salarié (ou le poste de reclassement auquel il doit être affecté) est compatible avec son état de santé. Cet examen peut être l’occasion de préconiser des aménagements ou des adaptations de poste ou encore d’émettre un avis d’inaptitude.

Bon Ă  savoir ! Après un arrĂŞt de travail de plus de trente jours, une visite de prĂ©reprise peut ĂŞtre organisĂ©e par le mĂ©decin du travail Ă  l’initiative du mĂ©decin traitant, du mĂ©decin conseil de la sĂ©curitĂ© sociale, du salariĂ© ou du mĂ©decin du travail lui-mĂŞme. L’employeur doit informer le salariĂ© de la possibilitĂ© de solliciter cette visite de prĂ©reprise.
Cette visite doit permettre de repĂ©rer les salariĂ©s Ă  risque de dĂ©sinsertion professionnelle et de prĂ©parer le mieux possible leur retour au travail. Au cours de cette visite, le mĂ©decin du travail peut recommander :

  •  des amĂ©nagements et adaptations du poste de travail ;
  •  des prĂ©conisations de reclassement ;
  •  des formations professionnelles Ă  organiser en vue de faciliter le reclassement du salariĂ© ou sa rĂ©orientation professionnelle.

Le médecin du travail informe, sauf si le salarié s’y oppose, l’employeur et le médecin-conseil de ces recommandations afin que toutes les mesures soient mises en œuvre en vue de favoriser le maintien dans l’emploi.

Pour davantage de dĂ©tails : document « Questions/RĂ©ponses Â» qui dĂ©taille les dispositifs (rendez-vous de liaison, visite de mi-carrière, etc.) en matière de prĂ©vention de la dĂ©sinsertion professionnelle, introduits par la loi du 2 aoĂ»t 2021 renforçant la prĂ©vention et la santĂ© au travail.

4) Constat d’inaptitude : dans quels cas ?

L’état de santĂ© d’un salariĂ© peut nĂ©cessiter des changements dans son poste de travail (par exemple : lors de la reprise du travail après une longue maladie ou un accident).

Avant d’envisager l’inaptitude d’un salariĂ© Ă  son poste, le mĂ©decin du travail doit avoir procĂ©dĂ© (ou fait procĂ©der par l’équipe pluridisciplinaire) Ă  une Ă©tude de poste et Ă©changĂ© avec le salariĂ© et l’employeur. Si aucune mesure d’amĂ©nagement, d’adaptation ou de transformation de ce poste n’est possible, le mĂ©decin du travail peut dĂ©clarer le salariĂ© « inapte Â» Ă  l’occuper.

Bon Ă  savoir ! L’avis d’inaptitude est obligatoirement rendu par le mĂ©decin du travail, qui doit avoir rĂ©alisĂ© au moins un examen mĂ©dical du salariĂ©. Cet avis mentionne les modalitĂ©s de recours devant le Conseil des Prud’hommes si le salariĂ© ou l’employeur souhaite le contester.

Recherche d’un reclassement. Lorsque le salarié est déclaré inapte à reprendre son poste, l’employeur doit lui rechercher un autre emploi compatible avec les restrictions et préconisations du médecin du travail. L’emploi proposé doit être aussi comparable que possible à l’emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail.

Si l’employeur est en mesure de justifier qu’il est dans l’impossibilitĂ© de reclasser le salariĂ©, il peut le licencier pour « inaptitude Â». Le licenciement peut Ă©galement ĂŞtre dĂ©cidĂ© si le salariĂ© refuse le nouveau poste proposĂ© par l’employeur ou encore en cas d’impossibilitĂ© totale du salariĂ© Ă  reprendre un emploi (voir encadrĂ© ci-dessous).

Si l’état de santé du salarié exclut toute reprise d’un emploi…
Si l’avis d’inaptitude mentionne expressément que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi, l’employeur n’est pas tenu de chercher un reclassement pour ce salarié. Il peut le licencier pour inaptitude.

Bon Ă  savoir ! Le montant des indemnitĂ©s versĂ©es au salariĂ© lors de son licenciement varie selon que son inaptitude a une origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle) ou non.

5) Quand solliciter le mĂ©decin du travail ?

Tout salarié peut demander à voir le médecin du travail, sans risquer une sanction de son employeur. Il est d’ailleurs informé de cette possibilité lors de la visite d’information et de prévention qui a eu lieu au moment de son recrutement.

Pour quels motifs ? Ils sont très variĂ©s. Le salariĂ© peut prendre l’initiative de rencontrer le mĂ©decin du travail (ou, sous la responsabilitĂ© de ce dernier, un autre professionnel de santĂ© au travail) pour Ă©voquer avec lui tout problème de santĂ© (physique ou psychologique) qui serait en relation avec son travail ou qui pourrait retentir sur son travail, ou lorsqu’il anticipe un risque d’inaptitude, dans l’objectif d’engager une dĂ©marche de maintien en emploi et de bĂ©nĂ©ficier d’un accompagnement personnalisĂ©. Il peut aussi vouloir lui faire part d’un problème de harcèlement moral ou sexuel…

Bon Ă  savoir ! L’employeur peut Ă©galement demander, pour l’un de ses salariĂ©s, une visite chez le mĂ©decin du travail.