Salaire

La loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l’entreprise a apportĂ© des modifications au rĂ©gime de la prime de partage de la valeur (PPV) se traduisant par :

  • la possibilitĂ© de verser 2 PPV au titre d’une mĂŞme annĂ©e civile ;
  • l’instauration d’une nouvelle exonĂ©ration temporaire d’impĂ´t sur le revenu ;
  • la facultĂ© d’affecter tout ou partie de la prime sur un plan d’épargne.

Afin de tenir compte de ces nouveautés, la rubrique du BOSS consacrée à la PPV, fait l’objet de modifications applicables à compter du 1er janvier 2024. Les principales nouveautés sont présentées ci-après.

Versement annuel de 2 primes

Il est dĂ©sormais prĂ©vu que l’employeur peut verser deux PPV au titre d’une mĂŞme annĂ©e civile. Les plafonds d’exonĂ©ration de 3 000 et 6 000 euros sont alors apprĂ©ciĂ©s au regard de la globalitĂ© des primes versĂ©es. Ainsi, lorsque l’employeur attribue deux primes au cours de l’annĂ©e civile, le cumul des deux primes ne doit pas dĂ©passer les plafonds de 3 000 €, ou de 6 000 € sur l’annĂ©e civile.

Le BOSS prĂ©cise que :

  • chaque primĂ© attribuĂ©e Ă©tant unique, l’employeur doit conclure un nouvel accord ou prendre une nouvelle dĂ©cision unilatĂ©rale pour attribuer une seconde prime au cours de la mĂŞme annĂ©e civile ;
  • peuvent ĂŞtre prĂ©vus un montant, des critères d’attribution, des salariĂ©s Ă©ligibles et une modulation diffĂ©rents du premier dispositif de prime mis en place la mĂŞme annĂ©e.

Exonération temporaire d’impôt sur le revenu

Dispositif transitoire dans les entreprises de moins de 50 salariĂ©s. – Les PPV versĂ©es entre le 1er janvier 2024 et le 31 dĂ©cembre 2026 par une entreprise de moins de 50 salariĂ©s Ă  des salariĂ©s ayant perçu au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant leur versement une rĂ©munĂ©ration infĂ©rieure Ă  3 fois la valeur annuelle du SMIC correspondant Ă  la durĂ©e de travail prĂ©vue au contrat bĂ©nĂ©ficient des exonĂ©rations de droit commun applicables Ă  toutes les PPV mais sont Ă©galement exonĂ©rĂ©es :

  • d’impĂ´t sur le revenu ;
  • de CSG-CRDS ;
  • de forfait social ;
  • de taxe sur les salaires.

ApprĂ©ciation du seuil de 50 salariĂ©s : prĂ©cisions du BOSS. – Alors que les textes ne prĂ©cisent pas les conditions de dĂ©termination du seuil d’effectif de 50 salariĂ©s, le BOSS considère que l’effectif de l’employeur est apprĂ©ciĂ© au niveau de l’entreprise, tous Ă©tablissements confondus, selon les modalitĂ©s prĂ©vues par les articles L. 130-1 et R. 130-1 du code de la sĂ©curitĂ© sociale (moyenne du nombre de personnes employĂ©es au cours de chacun des mois de l’annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente).

Dans le cas d’une entreprise étrangère, il prend en compte l’ensemble des établissements situés en France et à l’étranger.

Il est ajoutĂ© que les modalitĂ©s de neutralisation des franchissements de seuils prĂ©vues au II de l’article L. 130-1 du code de la sĂ©curitĂ© sociale ne s’appliquent pas. Pour rappel, en vertu de ce texte, le franchissement Ă  la hausse d’un seuil d’effectif salariĂ© est pris en compte lorsque ce seuil a Ă©tĂ© atteint ou dĂ©passĂ© pendant cinq annĂ©es civiles consĂ©cutives.

Affectation des sommes sur un plan d’épargne salariale ou un plan d’épargne retraite

PossibilitĂ© d’affectation sur un plan d’épargne. – Tout ou partie des sommes perçues au titre des PPV peuvent ĂŞtre affecter sur un plan d’épargne salariale ou un plan d’épargne retraite d’entreprise. Ces sommes sont exonĂ©rĂ©es d’impĂ´t sur le revenu dans les limites de 3 000 ou 6 000 €.

Un décret d’application, non publié à ce jour, est nécessaire pour permettre le versement de la PPV sur ces plans.

Exonérations sociales. – Le BOSS apporte des précisions sur les exonérations sociales applicables lorsque la prime est affectée sur un plan d’épargne.

L’exonĂ©ration porte sur les cotisations et contributions suivantes :

  • cotisations (employeurs et salariĂ©s) de sĂ©curitĂ© sociale y compris, le cas Ă©chĂ©ant la cotisation complĂ©mentaire au rĂ©gime local d’Alsace-Moselle ;
  • cotisations (employeurs et salariĂ©s) aux rĂ©gimes de retraite complĂ©mentaire, y compris la CET et l’APEC ;
  • cotisations (employeurs et salariĂ©s) aux rĂ©gimes d’assurance chĂ´mage y compris AGS ;
  • cotisation d’assurance maladie prĂ©vue au L. 131-9 du code de la sĂ©curitĂ© sociale ;
  • contribution solidaritĂ© autonomie ;
  • contribution de versement mobilitĂ© ;
  • contribution au dialogue social ;
  • contributions dues au FNAL ;
  • taxe d’apprentissage et contribution supplĂ©mentaire Ă  l’apprentissage, contribution unique Ă  la formation professionnelle et Ă  l’alternance ; contribution dĂ©diĂ©e au financement du compte personnel de formation pour les titulaires d’un contrat Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e ;
  • participations des employeurs (agricoles et non agricoles) Ă  l’effort de construction ;
  • le cas Ă©chĂ©ant, les contributions rĂ©sultant d’accords conventionnels de branche.

Pour ces cotisations et contributions, le plafond de l’exonération de la prime s’apprécie au niveau de chaque employeur.

En revanche, toujours selon le BOSS, la prime affectĂ©e sur un plan d’épargne entreprise ou sur un plan d’épargne retraite est assujettie aux prĂ©lèvements suivants :

  • CSG avec application de l’abattement de 1,75 % pour frais professionnel ;
  • CRDS ;
  • taxe sur les salaires ;
  • forfait social, le cas Ă©chĂ©ant (au taux de 20 % applicable aux sommes versĂ©es au titre de l’intĂ©ressement pour toutes les entreprises de plus de 250 salariĂ©s).