Conditions de travail

Muriel PĂ©nicaud, ministre du Travail, et Marlène Schiappa, secrĂ©taire d’État Ă  l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes, ont prĂ©sentĂ© 10 actions pour en finir avec les Ă©carts de salaires injustifiĂ©s (9% au niveau national), en conclusion de la concertation sur l’égalitĂ© salariale, ce mercredi 9 mai. Les actions qui nĂ©cessitent des mesures lĂ©gislatives seront reprises dans le cadre de la loi pour « la libertĂ© de choisir son avenir professionnel Â».

10 actions pour en finir avec les écarts de salaires injustifiés (9% au niveau national) et faire progresser l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

1. Appliquer enfin le principe “ à travail égal, salaire égal ” inscrit dans la loi depuis 45 ans, en passant d’une obligation de moyens à une obligation de résultats (aujourd’hui à poste et âge équivalents, le taux d’écart de salaire est de 9%)
Afin d’élaborer des critères objectifs de calcul des Ă©carts de salaire, une mĂ©thodologie commune sera dĂ©ployĂ©e dans toutes les entreprises de plus de 50 salariĂ©s : dès le 1er janvier 2019 pour les entreprises de plus de 250 salariĂ©s, et au 1er janvier 2020 pour les entreprises entre 50 et 250 salariĂ©s*.
• Muriel PĂ©nicaud a confiĂ© Ă  Sylvie Leyre, DRH France de Schneider Electric, une mission visant Ă  dĂ©finir les modalitĂ©s de mise en Ĺ“uvre de cette mĂ©thodologie commune. DĂ©lai : juin 2018.
Une phase de test sera mise en œuvre en septembre 2018.
• En cas d’écarts qui perdureraient, l’entreprise devra consacrer une enveloppe de rattrapage salarial en faveur des femmes ; la durĂ©e maximale de mise en conformitĂ© sera de 3 ans. L’enveloppe de rattrapage est Ă  nĂ©gocier dans le cadre de la nĂ©gociation relative Ă  l’égalitĂ© professionnelle et Ă  la qualitĂ© de vie au travail*.
• En cas de non-conformité persistante en 2022, la sanction décidée par l’inspection du travail ne sera plus seulement sur l’obligation de moyens comme aujourd’hui, mais aussi sur l’obligation de résultat.
• La mesure des écarts de salaire inexpliqués au niveau national fera l’objet d’une analyse d’experts à l’occasion des Rendez-vous de Grenelle du 12 juin 2018.

2. Fixer une obligation de transparence aux entreprises sur leurs résultats en matière d’égalité salariale
• Le résultat global des entreprises en matière d’écart de salaires inexpliqué devra être publié sur leur site internet*.
• La publication d’un écart brut de salaire femmes-hommes devra être mise en place*.
• Les élus du comité social et économique et les délégués syndicaux auront accès aux données, catégorie de poste par catégorie de poste.

3. Davantage de droits à formation pour les salariés à temps partiel, qui sont en majorité des femmes
• Tous les salariés qui travaillent à mi-temps ou plus bénéficieront des mêmes droits sur leur compte personnel de formation que les salariés à temps plein*.
• Les femmes reprĂ©sentent aujourd’hui 80 % des salariĂ©s Ă  temps partiel : elles seront donc les premières bĂ©nĂ©ficiaires de ces nouveaux droits

4. Chaque branche devra rendre compte de son action en matière d’égalité professionnelle dans le cadre de son bilan annuel*, notamment sur les classifications, la promotion de la mixité et les certificats de qualification professionnelle pour qu’ils soient au service des parcours professionnels des femmes.
• La Direction générale du Travail assurera un suivi de l’activité des branches.
• Une méthodologie sur les bonnes pratiques de négociation seront valorisées auprès des partenaires sociaux.

5. Multiplier par 4 les contrôles et interventions de l’inspection du travail, en passant de 1 730 à 7 000 contrôles par an sur le seul sujet de l’égalité professionnelle et salariale, qui est l’une des 4 priorités de l’inspection.

6. Pour les sociétés cotées, responsabiliser les instances dirigeantes sur le principe “ appliquer (l’égalité) ou expliquer ”, grâce à une délibération du comité des rémunérations et du conseil d’administration sur les résultats en matière d’égalité salariale*.

7. Pour les sociétés cotées, rendre obligatoire l’information annuelle du conseil d’administration sur la mixité dans le top management de l’entreprise*.

8. Lutter contre les stéréotypes, notamment à l’embauche, en diffusant des guides mis à la disposition des entreprises, des branches, des commissions paritaires régionales interprofessionnelles.

9. Favoriser un meilleur équilibre des temps en valorisant les bonnes pratiques (gestion des temps, télétravail) et en examinant les modalités de prise des droits à congés maternité, paternité et parental sur la base des travaux d’expertise en cours.

10. Au niveau européen, soutenir le projet de directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants, pour une Europe sociale forte et active en faveur de l’égalité professionnelle*.

*mesures communautaires, législatives ou réglementaires

Source : www.travail.emploi.gouv.fr