Conditions de travail

Actualité du Ministère du travail

Les expositions aux facteurs de risques professionnels dits « ergonomiques Â», mentionnĂ©s au 1° du I de l’article L. 4161-1 du code du travail (postures pĂ©nibles, vibrations mĂ©caniques, manutentions manuelles de charges) sont source d’usure professionnelle, en particulier de troubles musculo-squelettiques qui reprĂ©sentent plus de 87 % des maladies professionnelles reconnues chaque annĂ©e.

Pour amĂ©liorer leur prĂ©vention, la loi de financement rectificative de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) crĂ©e un fonds d’investissement dans la prĂ©vention de l’usure professionnelle (FIPU). RattachĂ© Ă  la commission des accidents du travail et des maladies professionnelles (CATMP) de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), il sera dotĂ© d’un milliard d’euros sur 5 ans et financera :

  • Des dĂ©marches de prĂ©vention des effets de l’exposition Ă  ces risques dans les entreprises ;
  • Des actions menĂ©es par les organismes de prĂ©vention de branche ;
  • Des actions de reconversion Ă  destination des salariĂ©s exposĂ©s Ă  ces risques.

Ce nouveau dispositif mobilise pleinement les branches professionnelles, confirmant leur rĂ´le en matière de dialogue social relatif aux conditions de travail. La loi ouvre en effet la possibilitĂ© pour les branches de nĂ©gocier des listes de mĂ©tiers ou activitĂ©s particulièrement exposĂ©s aux facteurs ergonomiques. Ces listes permettront Ă  la CATMP d’établir les orientations du fonds pour cibler l’affectation des crĂ©dits.

Le V de l’article 17 de la loi prĂ©voit que les branches professionnelles engagent dans les deux mois suivant sa promulgation une nĂ©gociation en vue d’aboutir Ă  l’établissement des listes de mĂ©tiers ou d’activitĂ©s particulièrement exposĂ©s aux facteurs de risques ergonomiques. Cette disposition est entrĂ©e en vigueur dès la promulgation de la loi.

Le respect de ce dĂ©lai facilitera la prise en compte des mĂ©tiers et activitĂ©s concernĂ©s dans les orientations du fonds afin de le rendre pleinement effectif dès 2023 et de permettre aux entreprises et aux salariĂ©s et des branches ayant nĂ©gociĂ© un accord de bĂ©nĂ©ficier en prioritĂ© des financements.

Afin d’encourager l’implication des branches et de faciliter le recensement des mĂ©tiers et activitĂ©s particulièrement exposĂ©s, l’engagement de la nĂ©gociation après ce dĂ©lai sera possible, Ă  condition qu’il s’inscrive dans un calendrier rapprochĂ©.

Que doit contenir l’accord ?

L’accord doit contenir une liste de mĂ©tiers ou d’activitĂ©s exposĂ©s aux facteurs de risques ergonomiques. Il peut Ă©galement inclure des mesures de prĂ©vention des expositions Ă  ces risques.

Seuls des accords de branche ou des accords interbranches peuvent Ă©tablir ces listes. Elles ne peuvent ĂŞtre dĂ©terminĂ©es par recommandation patronale ou, au niveau de l’entreprise, par accord collectif ou dĂ©cision unilatĂ©rale de l’employeur. Par ailleurs, l’accord doit ĂŞtre explicitement nommĂ© : « Accord relatif aux listes de mĂ©tiers exposĂ©s Ă  des risques ergonomiques prĂ©vues Ă  l’article L.4163-2-1 du code du travail. Â»

Quels sont les facteurs de risque concernĂ©s ?

Les facteurs de risques concernĂ©s sont les postures pĂ©nibles, les vibrations mĂ©caniques et les manutentions manuelles de charges. Pour dĂ©terminer qu’un mĂ©tier est particulièrement exposĂ© Ă  un ou plusieurs de ces risques, la branche peut se fonder sur les travaux de la Direction de l’animation de la recherche, des Ă©tudes et des statistiques du ministère du Travail (Dares) relatifs Ă  l’exposition aux risques professionnels, ainsi qu’aux donnĂ©es de sinistralitĂ© de la CNAM (cf. infra).

Quels sont les mĂ©tiers ou activitĂ©s concernĂ©s ?

Les mĂ©tiers ou activitĂ©s concernĂ©s sont les mĂ©tiers ou activitĂ©s exposant particulièrement les salariĂ©s Ă  un ou plusieurs des trois facteurs de risques ergonomiques. C’est Ă  la branche, dans le cadre du dialogue social, de dĂ©terminer quels sont les mĂ©tiers ou activitĂ©s Ă  cibler.

Comment classer les mĂ©tiers et activitĂ©s exposĂ©s aux facteurs de risques ergonomiques ?

Pour identifier les mĂ©tiers et activitĂ©s exposĂ©s aux facteurs de risques ergonomiques, les branches peuvent utiliser :
 

  • Les donnĂ©es des enquĂŞtes de la DARES relatives Ă  l’exposition aux risques professionnels ;
  • Les donnĂ©es de sinistralitĂ© de la CNAM ;
  • Pour les branches disposant d’un rĂ©fĂ©rentiel homologuĂ©, les tâches et activitĂ©s recensĂ©es dans le rĂ©fĂ©rentiel peuvent Ă©galement servir de base Ă  l’élaboration de la liste de mĂ©tiers.

Cet accord peut-il se concilier avec les autres obligations de nĂ©gocier ?

Cette nouvelle thĂ©matique de nĂ©gociation prĂ©vue Ă  l’article L. 4163-2-1 du code du travail et relative Ă  l’élaboration d’une liste de mĂ©tiers, peut se concilier avec l’obligation de nĂ©gocier sur la prise en compte des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels mentionnĂ©e Ă  l’article L. 2241-1 du code du travail et avec les thèmes prĂ©vus Ă  l’article L.4162-1 et L. 4162-3 du code du travail.

Que faire après la conclusion de l’accord ?

Une fois l’accord conclu, il doit ĂŞtre dĂ©posĂ© auprès des services de la Direction gĂ©nĂ©rale du travail (DGT) via la procĂ©dure habituelle de dĂ©pĂ´t des accords. Pour permettre son suivi et sa bonne prise en compte par la CATMP pour l’établissement des orientations du fonds, l’extension de l’accord doit ĂŞtre demandĂ©e.

A quoi sert la liste de mĂ©tiers Ă©laborĂ©e par les branches ?

Cette liste de mĂ©tiers permet d’identifier les mĂ©tiers et activitĂ©s exposĂ©s Ă  des facteurs de risques ergonomiques. Cette mesure s’intègre dans un nouveau dispositif, le fonds d’investissement dans la prĂ©vention de l’usure professionnelle (FIPU), créé par la loi de financement rectificative de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2023.

Ce fonds va permettre notamment de financer :
 

  • Des entreprises, pour les aider Ă  mettre en Ĺ“uvre des actions de prĂ©vention et de sensibilisation Ă  destination de leurs salariĂ©s ;
  • Des organismes de prĂ©vention des branches, comme l’Organisme professionnel prĂ©vention bâtiment travaux publics (OPPBTP) ;
  • Les commissions AT-Pro, pour que les salariĂ©s puissent bĂ©nĂ©ficier de congĂ© de reconversion professionnelle.

Les listes de métiers élaborées par les branches permettront à la commission des accidents du travail et des maladies professionnelles qui gère le fonds de déterminer quels sont les métiers ou activités qui doivent bénéficier en priorité des financements du fonds.

En outre, les listes de métiers permettront aux branches de mieux connaître les métiers particulièrement à risque et de proposer des mesures de prévention adaptées.