Covid-19

L’article 53 de la loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 institue un dispositif spĂ©cifique d’activitĂ© partielle dĂ©nommĂ© « activitĂ© rĂ©duite pour le maintien en emploi » (ARME) destinĂ© Ă  assurer le maintien dans l’emploi dans les entreprises confrontĂ©es Ă  une rĂ©duction d’activitĂ© durable qui n’est pas de nature Ă  compromettre leur pĂ©rennitĂ©.

L’employeur peut bĂ©nĂ©ficier de ce dispositif sous rĂ©serve de la conclusion d’un accord collectif d’Ă©tablissement, d’entreprise ou de groupe ou de la conclusion d’un accord collectif de branche Ă©tendu, dĂ©finissant la durĂ©e d’application de l’accord, les activitĂ©s et les salariĂ©s concernĂ©s par cette activitĂ© partielle spĂ©cifique, les rĂ©ductions de l’horaire de travail pouvant donner lieu Ă  indemnisation Ă  ce titre et les engagements spĂ©cifiquement souscrits en contrepartie, notamment pour le maintien de l’emploi.

Un projet de dĂ©cret (Ă  tĂ©lĂ©charger ci-dessous) diffusĂ© hier prĂ©cise les conditions de recours Ă  ce dispositif, dĂ©sormais appelĂ© « dispositif spĂ©cifique d’activitĂ© partielle pour les employeurs faisant face Ă  une baisse durable d’activité » ainsi que ses modalitĂ©s de mise en oeuvre et les règles d’indemnisation applicables aux salariĂ©s et aux employeurs concernĂ©s.

Recours au dispositif

Il fixe ainsi les grands principes du recours au dispositif d’activité partielle pour les entreprises faisant face à une baisse durable d’activité, en précisant notamment les éléments constitutifs de l’accord collectif. Le préambule doit prévoir un diagnostic sur la situation économique et financière du périmètre de l’accord, et les raisons justifiant le recours au dispositif.

Sont ensuite énumérés les éléments qui doivent obligatoirement apparaitre dans l’accord :

  • les salariĂ©s et les activitĂ©s concernĂ©s,
  • la date de dĂ©but de mise en Ĺ“uvre,
  • les engagements de l’employeur pour sĂ©curiser les parcours des salariĂ©s (maintien dans l’emploi, formation),
  • ainsi que les modalitĂ©s d’information des reprĂ©sentants du personnel et des organisations syndicales reprĂ©sentatives.

La nature exacte des engagements de l’employeur reste incertaine Ă  ce stade.

Le bénéfice du dispositif est accordé pour une durée de 6 mois renouvelables, dans la limite de 2 ans sur une période de référence de 36 mois.

La réduction de la durée du travail ne peut être supérieure à 40% de la durée légale appréciée par salarié et sur la durée de l’accord. Cette limite ne peut être dépassée que dans des cas exceptionnels résultant de la situation particulière de l’entreprise, sur décision de l’autorité administrative.

Règles d’indemnisation

Le taux horaire de l’allocation versée à l’employeur est égal pour chaque salarié à :

  •  60% de la rĂ©munĂ©ration horaire brute dans la limite de 4,5 SMIC pour les accords transmis avant le 1er octobre 2020 ;
  • 56% de la rĂ©munĂ©ration horaire brute dans la limite de 4,5 SMIC Ă  compter du 1er octobre 2020.

Ce taux horaire ne peut être inférieur à un plancher à 7,23 euros par heure non travaillée et par salarié.

Le taux horaire d’indemnité versée au salarié par son employeur est de 70% de la rémunération antérieure brute ramenée à un montant horaire sur la base de la durée légale du travail ou sur la durée du travail applicable à l’entreprise ou sur la durée stipulée au contrat. L’indemnité est plafonnée à 4,5 SMIC.

Selon le site d’information spĂ©cialisĂ© AEF, la CNNCEFP (Commission nationale de la nĂ©gociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle) doit se prononcer sur ce projet de dĂ©cret d’ici vendredi 3 juillet et le Conseil d’État mardi 7 juillet. 

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