Conditions de travail

Saisi à plusieurs reprises de réclamations au sujet d’exigences posées par les employeurs relatives à l’apparence physique (tenues vestimentaires, coiffures, port de la barbe, taille, poids, marquage du corps…), que ce soit lors de l’embauche ou au cours de la vie professionnelle, le Défenseur des droits constate ainsi des difficultés récurrentes, tant pour les employeurs que pour les salariés, à comprendre leurs droits et obligations, en particulier dans un contexte où certains codes sociaux liés à l’apparence physique évoluent.

Il publie une décision-cadre relative aux discriminations dans l’emploi fondées sur l’apparence physique qu’il a adressée aux ministres concernés, aux acteurs institutionnels et de l’emploi ainsi qu’aux syndicats. Elle est accompagnée de 5 annexes abordant spécifiquement les questions de l’obésité, des tenues vestimentaires, des coiffures, des barbes, des tatouages et piercings.

Par cette décision, le Défenseur des droits rappelle aux employeurs publics et privés, ainsi qu’aux partenaires sociaux :

  • Les règles applicables Ă  l’interdiction de prendre en compte l’apparence physique lors du recrutement et en cours de carrière, tout en prĂ©cisant que certains codes vestimentaires et de prĂ©sentation peuvent ĂŞtre autorisĂ©s sous de strictes conditions ;
  • L’interdiction de sanctionner un salariĂ© qui n’aurait, au prĂ©alable, pas Ă©tĂ© informĂ© des contraintes et restrictions Ă©ventuelles en matière d’apparence physique et de prĂ©sentation. En effet, toute restriction mise en place par l’employeur doit ĂŞtre justifiĂ©e par la nature de la tâche Ă  accomplir et proportionnĂ©e au but recherchĂ©, et doit avoir Ă©tĂ© dĂ©finie en amont dans un document Ă©crit (règlement intĂ©rieur, contrat de travail, note de service, circulaire, etc.) ;
  • L’obligation de sĂ©curitĂ© qui impose Ă  l’employeur de mettre en place des outils de prĂ©vention (formation des managers, sensibilisation, dispositifs d’alerte) afin d’empĂŞcher toute forme de discrimination et de harcèlement fondĂ©s sur l’apparence physique au sein du collectif de travail. De tels comportements doivent ĂŞtre sanctionnĂ©s de manière effective et dissuasive.

Cette dĂ©cision s’inscrit dans une dĂ©marche de sensibilisation des acteurs de l’emploi qui a amenĂ© l’institution Ă  publier, en juin 2019, un guide Ă  l’attention des acteurs de l’emploi privĂ© intitulĂ© « Pour un recrutement sans discrimination » rĂ©alisĂ© avec l’appui de professionnels de l’emploi (APEC, Ă€ compĂ©tence Ă©gale, ANDRH, PĂ´le emploi, Prism’emploi).

(extraits du communiqué du Défenseur des droits)