Conditions de travail

Aucun salarié ne doit subir des faits :

  • de harcèlement sexuel, constituĂ©s par des propos ou comportements Ă  connotation sexuelle rĂ©pĂ©tĂ©s qui soit portent atteinte Ă  sa dignitĂ© en raison de leur caractère dĂ©gradant ou humiliant, soit crĂ©ent Ă  son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ;
  • assimilĂ©s au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, mĂŞme non rĂ©pĂ©tĂ©e, exercĂ©e dans le but rĂ©el ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherchĂ© au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers.

L’employeur est légalement tenu de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de prévenir ces faits, d’y mettre un terme et de les sanctionner.

Si la règle est simple, son application pratique est susceptible de soulever des difficultĂ©s, c’est pourquoi la Direction GĂ©nĂ©rale du Travail a rĂ©digĂ© un « Guide pratique Â» en mars 2019.

Rappelons Ă  cette occasion qu’avant toute prise de dĂ©cision, une enquĂŞte doit ĂŞtre menĂ©e afin d’obtenir les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  la comprĂ©hension de la situation. Le ministère du Travail propose une mĂ©thodologie qui peut ĂŞtre synthĂ©tisĂ©e comme suit :

Que faire lors du signalement ?

Il est préconisé d’accuser réception du signalement et de procéder à un premier échange avec l’auteur du signalement.

Ce premier échange peut permettre d’appréhender la nature et la gravité des éléments rapportés et la possibilité qu’ils caractérisent des faits de harcèlement sexuel.

Une accusation de harcèlement sexuel peut, en rĂ©alitĂ©, recouvrir un « agissement sexiste Â» qui, contrairement Ă  des faits de harcèlement sexuel, n’implique pas d’agissements Ă  connotations sexuelles (par exemple des interpellations familières, des considĂ©rations sexistes sur la maternitĂ© ou les charges familiales…).

De tels agissements appellent une réponse plus nuancée sous la forme d’un rappel à l’ordre ou de sanction disciplinaire, mais ne justifient nécessairement la mise en place une enquête interne.

Comment rĂ©aliser l’enquĂŞte ?

L’enquête peut être menée par un membre de la Direction, du service des ressources humaines et/ou du service juridique.

Principes directeurs :

  • DiscrĂ©tion : les informations recueillies sont confidentielles, la tenue de l’enquĂŞte ne doit pas ĂŞtre rĂ©vĂ©lĂ©e publiquement (afin d’éviter les tĂ©moignages biaisĂ©s, la diffusion de fausses informations ou des tentatives d’intimidation) et la dignitĂ© de la personne accusĂ©e doit ĂŞtre prĂ©servĂ©e.
  • ImpartialitĂ© : l’enquĂŞte ne doit pas ĂŞtre menĂ©e Ă  charge ou confiĂ©e Ă  un salariĂ© travaillant dans le mĂŞme service, entretenant des liens privilĂ©giĂ©s ou hiĂ©rarchiques avec la personne se prĂ©tendant victime ou la personne mise en cause.

Les enquêteurs doivent procéder à l’audition de la personne se prétendant victime, de la personne mise en cause, des témoins, des responsables hiérarchiques directs et de toute personne dont l’audition est souhaitée par l’une des personnes auditionnées.

Il est indispensable de rédiger un compte rendu détaillé et daté de chaque entretien, signé par chacun des participants, afin de documenter l’éventuelle procédure disciplinaire à venir.

Quelles suites Ă  donner Ă  l’enquĂŞte ?

  • En cas de caractĂ©risation du harcèlement sexuel : notification d’une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave de l’auteur des faits. Il n’appartient pas Ă  l’employeur d’aller sur le terrain pĂ©nal, quoi qu’un arrĂŞt isolĂ© de la chambre criminelle de la Cour de cassation ait accueilli l’action civile d’un employeur, aux cĂ´tĂ©s des victimes directes, pour rĂ©parer son propre prĂ©judice d’image auprès des autres salariĂ©s (Cass. Crim., 14 novembre 2017, n° 16-85.161).
  • En l’absence de caractĂ©risation de harcèlement sexuel : l’auteur du signalement ne peut pas ĂŞtre sanctionnĂ©, sauf en cas de mauvaise foi avĂ©rĂ©e.