Conditions de travail

Pour faire face à la hausse du coût des arrêts maladie (+15% sur la période 2010-2017), plusieurs pistes de réflexion ont été présentées au gouvernement mercredi 20 février 2019 par un groupe d’experts.

Parmi les solutions préconisées, figure en bonne place la piste du développement du télétravail qui permettrait d’offrir des alternatives aux arrêts de travail.

Le tĂ©lĂ©travail revient donc sur le devant de la scène, après avoir connu un « toilettage Â» complet de son dispositif par une des ordonnances (n°2017-1387 Macron) du 22 septembre 2017.

Le tĂ©lĂ©travail revient sur le devant de la scène, après avoir connu un « toilettage Â» complet de son dispositif par une des ordonnances Macron

Ce texte a modifiĂ© la dĂ©finition du tĂ©lĂ©travail puisque la notion de rĂ©gularitĂ© a Ă©tĂ© supprimĂ©e ; il peut dorĂ©navant ĂŞtre occasionnel.

DĂ©sormais, le tĂ©lĂ©travail dĂ©signe « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait Ă©galement pu ĂŞtre exĂ©cutĂ© dans les locaux de l’employeur est effectuĂ© par un salariĂ© hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication. »

Le texte a Ă©galement entendu simplifier le recours au tĂ©lĂ©travail puisque son introduction dans l’entreprise pourra se faire par :

  • Un accord collectif nĂ©gociĂ© avec les organisations syndicales, les reprĂ©sentants du personnel, un salariĂ© mandatĂ© ou, dans les entreprises de moins 20 salariĂ©s, par voie rĂ©fĂ©rendaire ;
  • ou Ă  dĂ©faut, une charte Ă©laborĂ©e par l’employeur après avis du CSE s’il existe.

Le contenu de cet accord ou de cette charte doit prĂ©ciser plusieurs points :

  • les conditions de passage en tĂ©lĂ©travail, en particulier en cas d’Ă©pisode de pollution mentionnĂ© Ă  l’article L. 223-1 du code de l’environnement, et les conditions de retour Ă  une exĂ©cution du contrat de travail sans tĂ©lĂ©travail ;
  • les modalitĂ©s d’acceptation par le salariĂ© des conditions de mise en Ĺ“uvre du tĂ©lĂ©travail ; le passage au statut de tĂ©lĂ©travailleur pouvant se faire dès l’embauche (contrat de travail) ou ultĂ©rieurement (avenant Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e ou indĂ©terminĂ©e au contrat de travail) ;
  • les modalitĂ©s de contrĂ´le du temps de travail ou de rĂ©gulation de la charge de travail ;
  • la dĂ©termination des plages horaires durant lesquelles l’employeur peut habituellement contacter le salariĂ© en tĂ©lĂ©travail.

MĂŞme si le texte n’introduit pas un droit systĂ©matique pour chaque salariĂ© au tĂ©lĂ©travail, le Code du travail modifiĂ© dispose que l’employeur qui refuse d’accorder le bĂ©nĂ©fice du tĂ©lĂ©travail Ă  un salariĂ© qui occupe un poste Ă©ligible doit motiver sa rĂ©ponse.

Ne souhaitant laisser aucun obstacle Ă  la mise en place concertĂ©e du tĂ©lĂ©travail, le texte a mĂŞme prĂ©vu qu’en l’absence d’accord collectif ou de charte, lorsque le salariĂ© et l’employeur dĂ©cidaient de convenir de recourir au tĂ©lĂ©travail, il leur suffisait de formaliser leur accord par tout moyen (ex. avenant au contrat de travail).

Les vertus du tĂ©lĂ©travail apparaissent donc comme nombreuses : prĂ©servation du cadre de vie et de l’environnement (par la limitation des trajets domicile – lieu de travail, source de pollution notamment en cas de pic de pollution), meilleur pouvoir d’achat (par la rĂ©duction des frais de trajet) et bien sĂ»r amĂ©lioration de la qualitĂ© de vie au travail, pour ne citer que les principales.

Si de nombreux grands groupes n’ont pas attendu les dernières réformes pour introduire le télétravail dans leur outils RH, il ne reste plus aux partenaires sociaux des entreprises et associations de toutes tailles qu’à s’emparer du sujet, notamment dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail, pour l’introduire dans leurs structures.