Conditions de travail

Le début d’année est traditionnellement propice à l’organisation dans l’entreprise de manifestations de présentation des vœux ou de partage d’une galette des rois, qui s’accompagnent le plus souvent d’un moment de convivialité, synonyme de restauration et de boisson … parfois alcoolisée.

Si la perspective peut apparaître réjouissante, elle mérite cependant d’être organisée dans le respect de certains principes.

Le Champagne ? oui…

On exclura tout d’abord les alcools forts, puisque les seules boissons dont l’introduction est autorisĂ©e sur le lieu de travail sont : le vin (y compris ses variantes mousseuses, dont le champagne), la bière, le cidre et le poirĂ©. L’hydromel complĂ©tait cette liste jusqu’en mai 2008, mais il a depuis disparu. Par consĂ©quent, point de pastis, de whisky, de gin ou de vodka…etc.

Ce pĂ©rimètre limitĂ© peut encore se voir rĂ©duit par les dispositions du second alinĂ©a de l’article R. 4228-20 du Code du travail, qui permettent Ă  l’employeur de prendre, dans le règlement intĂ©rieur ou par voie de note de service, des mesures de limitation ou d’interdiction de la consommation d’alcool, lorsque cette dernière est susceptible de porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© et la santĂ© physique et mentale des travailleurs. Si de telles mesures ont Ă©tĂ© adoptĂ©es, elles devront nĂ©cessairement ĂŞtre respectĂ©es lors du « pot Â», aucune festivitĂ© ne pouvant justifier que l’on dĂ©roge Ă  l’impĂ©ratif de sĂ©curitĂ© Ă  l’origine de leur mise en place.

… mais attention aux abus pendant les festivités…

Se pose ensuite la question de l’attitude des uns et des autres durant les agapes. La situation conviviale ou l’alcoolisation n’excusent pas des dĂ©rapages verbaux ou comportementaux, et le fautif pourra ĂŞtre le plus souvent sanctionnĂ© :

  • Si la manifestation se dĂ©roule durant le temps de travail, les participants sont en effet astreints aux mĂŞmes exigences comportementales que dans le cadre de leurs activitĂ©s professionnelles.
  • Si elle prend place hors du temps ou du lieu de travail, le lien avec la sphère professionnelle demeure malgrĂ© tout important au travers de l’initiative de son organisation (l’employeur), du choix du lieu et de l’horaire (l’employeur encore), et de la prĂ©sence exclusive de collègues. Les consĂ©quences perturbatrices futures de propos inappropriĂ©s, de gestes dĂ©placĂ©s ou Ă  visĂ©e harcelante survenus Ă  la vue de tous peuvent ĂŞtre importantes, et donc justifier une mesure disciplinaire.

Dans tous les cas, il faudra veiller Ă  Ă©loigner le fauteur de trouble, tant pour prĂ©server la quiĂ©tude des participants que pour respecter les dispositions de l’article R. 4228-21, qui interdisent Ă  l’employeur de laisser entrer ou sĂ©journer dans les lieux de travail des personnes en Ă©tat d’ivresse.

… et lors du retour Ă  domicile !

Vient enfin le temps de la séparation et celui du retour, qui n’échappe pas à l’obligation de sécurité pesant sur l’employeur.

Sans entrer dans les dĂ©tails, le principe est simple : il n’est pas envisageable de laisser un collaborateur reprendre le travail ou rentrer Ă  son domicile sans s’assurer au prĂ©alable qu’il peut le faire sans risque pour lui-mĂŞme ou pour les tiers.

Selon les situations, les sanctions possibles sont multiples, tant sur le plan civil (notamment : reconnaissance d’une faute inexcusable si un accident du travail survient), que sur le plan pĂ©nal (violences involontaires, homicide involontaire).

Il s’agit donc d’un domaine dans lequel de vĂ©ritables mesures prĂ©ventives et/ou palliatives au risque doivent ĂŞtre mises en Ĺ“uvre. Sans ĂŞtre exhaustif, on peut envisager Ă  ce titre la proposition systĂ©matique d’un contrĂ´le d’alcoolĂ©mie pour ceux qui doivent prendre le volant (et le refus de laisser partir ceux pour qui le rĂ©sultat serait positif !), un dispositif de covoiturage assurĂ© par des salariĂ©s n’ayant pas consommĂ© d’alcool, le recours Ă  des taxis, des navettes…etc. Les solutions sont nombreuses et relativement aisĂ©es Ă  organiser.

Si ces diffĂ©rentes contraintes paraissent trop lourdes Ă  gĂ©rer, il existe enfin une alternative simple : le pot sans alcool ! Il paraĂ®t que le jus de pomme se marie très bien avec la galette des rois…

PS : ces quelques principes peuvent naturellement ĂŞtre transposĂ©s Ă  n’importe quel Ă©vènement festif liĂ© Ă  la vie de l’entreprise.