IRP

Un renouvellement accéléré des représentants du personnel

Par l’effet conjuguĂ© de deux rĂ©formes importantes, les entreprises vont connaĂ®tre un mouvement sans prĂ©cĂ©dent de renouvellement des reprĂ©sentants du personnel, Ă  l’occasion de la mise en place du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) :

  • Les ordonnances Macron concentrent sur une pĂ©riode courte (avant le 31/12/2019) l’obligation de procĂ©der Ă  de nouvelles Ă©lections professionnelles, dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariĂ©s.

Le CSE étant une instance consultative unique, qui concentre les prérogatives des anciennes instances de représentation du personnel (DP, CE et CHSCT), le nombre de mandats va se trouver concrètement réduit.

  • Les dispositions de la loi Rebsamen (du 17 aoĂ»t 2015), qui visent Ă  promouvoir la paritĂ© hommesfemmes en matière d’élections professionnelles, sont entrĂ©es en vigueur le 1er janvier 2017.

De nombreuses entreprises vont donc étrenner ces dispositions récentes à l’occasion de la mise en place du CSE. Mécaniquement, l’exigence de parité va imposer un renouvellement parmi les effectifs des représentants du personnel.

De nombreux salariés qui exerçaient des missions de représentation du personnel, parfois depuis longtemps, ne vont pas retrouver de nouveau mandat

En conséquence, de nombreux salariés qui exerçaient des missions de représentation du personnel, parfois depuis longtemps, ne vont pas retrouver de nouveau mandat. A l’inverse, de nouveaux visages vont apparaître.

L’importance de la gestion du parcours IRP

Il apparaît essentiel de prendre en compte cette dynamique de profond renouvellement des effectifs des représentants du personnel, à l’occasion du passage au CSE. La qualité du dialogue social au sein de nos entreprises exige de disposer d’acteurs compétents et formés, mais aussi d’établir un climat de confiance réciproque.

Dès lors, il est fondamental que les salariés qui s’investissent au service de la collectivité du personnel, sachent comment leur parcours en tant que représentant du personnel sera pris en compte au titre de leur carrière professionnelle.

Les outils existants

Des outils existent dĂ©jĂ , parmi lesquels :

  • l’entretien individuel de dĂ©but de mandat, Ă  la demande du reprĂ©sentant du personnel titulaire, du DS ou du titulaire d’un mandat syndical, mis en place par la loi Rebsamen (article L. 21415 du code du travail) ;
  • l’entretien professionnel de fin de mandat qui, Ă  ce jour, est rĂ©servĂ© aux mandats « lourds Â» (temps de dĂ©lĂ©gation reprĂ©sentant au moins 30% de la durĂ©e du travail de rĂ©fĂ©rence) (article L. 21415-1 du code du travail). Toutefois, Ă  effet au 1er janvier 2020, l’obligation sera Ă©largie dans les entreprises de plus de 2000 salariĂ©s – sans considĂ©ration d’un volume d’heures de dĂ©lĂ©gation.

Cette liste n’est pas exhaustive et, surtout, doit être envisagée comme le point de départ d’une réflexion à conduire, essentielle pour la vitalité et l’efficacité du dialogue social. La négociation collective ne peut pas être appréhendée uniquement à travers la dimension technique du thème traité.