Conditions de travail

Dans un arrĂŞt rendu aujourd’hui, la CJUE rappelle que le droit au congĂ© annuel payĂ© acquis par un travailleur en incapacitĂ© de travail pendant plusieurs pĂ©riodes de rĂ©fĂ©rence consĂ©cutives ne saurait rĂ©pondre aux deux volets de sa finalitĂ© (repos et dĂ©tente et loisirs) que dans la mesure oĂą le report ne dĂ©passe pas une certaine limite temporelle. En effet, au-delĂ  d’une telle limite, le congĂ© annuel serait dĂ©pourvu de son effet positif pour le travailleur en sa qualitĂ© de temps de repos, ne gardant que sa qualitĂ© de pĂ©riode de dĂ©tente et de loisirs (§ 47).

Dans son arrĂŞt, la Cour souligne qu’il ne lui appartient pas de dĂ©finir la durĂ©e de report applicable au droit au congĂ© annuel payĂ©. La dĂ©termination de cette durĂ©e incombe Ă  l’État membre concernĂ©. La Cour ne peut qu’examiner si la durĂ©e de report fixĂ©e par l’État membre concernĂ© n’est pas de nature Ă  porter atteinte Ă  ce droit au congĂ© annuel payĂ©.

La Cour constate que, dans l’affaire qui lui Ă©tait soumise, les demandes des requĂ©rants ont Ă©tĂ© introduites auprès de l’employeur moins de quinze mois après la fin de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence concernĂ©e et qu’elles Ă©taient limitĂ©es aux droits relatifs Ă  deux pĂ©riodes de rĂ©fĂ©rence consĂ©cutives.

C’est donc au regard de ces circonstances qu’est rendu l’arrĂŞt, circonstances qu’elle juge conformes au droit de l’Union.

La CJUE conclut en effet que l’article 7 de la directive 2003/88 doit ĂŞtre interprĂ©tĂ© en ce sens qu’il ne s’oppose pas Ă  une lĂ©gislation nationale et/ou Ă  une pratique nationale qui, en l’absence de disposition nationale prĂ©voyant une limite temporelle expresse au report de droits Ă  congĂ© annuel payĂ© acquis et non exercĂ©s en raison d’un arrĂŞt de travail pour maladie de longue durĂ©e, permet de faire droit Ă  des demandes de congĂ© annuel payĂ© :

  • introduites par un travailleur moins de quinze mois après la fin de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence ouvrant droit Ă  ce congĂ©
  • et limitĂ©es Ă  deux pĂ©riodes de rĂ©fĂ©rence consĂ©cutives.

En revanche, l’arrĂŞt ne pose aucun critère permettant de dĂ©terminer quelle durĂ©e de report au-delĂ  de 12 mois est acceptable / quelle durĂ©e ne l’est pas.

(CJUE, 9 novembre 2023, Aff. C-271/22 Ă  C-275/22)