La CJUE doit rendre le 9 novembre prochain son arrêt dans les affaires Keolis Agen SARL et Syndicat national des transports urbains SNTU-CFDT (Affaires jointes C‑271/22 à C‑275/22).
La question posée par le Conseil de prud’hommes d’Agen était la suivante :
Question 1 – L’article 7 § 1 de la Directive 2003/88/CE du Parlement europĂ©en et du Conseil du 4 novembre 2003, concernant certains aspects de l’amĂ©nagement du temps de travail, doit-il ĂŞtre interprĂ©tĂ© comme Ă©tant d’application directe dans les rapports entre un opĂ©rateur privĂ© de transport, disposant d’une seule dĂ©lĂ©gation de service public, et ses salariĂ©s, ce compte tenu tout particulièrement de la libĂ©ralisation du secteur des transports ferroviaires de passagers ?
Question 2 – Quelle est la durĂ©e de report raisonnable des quatre semaines de congĂ© payĂ© acquis, au sens de l’article 7 § 1 de la Directive 2003/88/CE du Parlement europĂ©en et du Conseil du 4 novembre 2003, en prĂ©sence d’une pĂ©riode d’acquisition des droits Ă congĂ©s payĂ©s d’une annĂ©e ?
Question 3 – L’application d’un dĂ©lai de report illimitĂ© Ă dĂ©faut de disposition nationale, rĂ©glementaire ou conventionnelle encadrant ledit report n’est-elle pas contraire Ă l’article 7 § 1 de la Directive 2003/88/CE du Parlement europĂ©en et du Conseil du 4 novembre 2003 ?
Dans ses conclusions, l’Avocat gĂ©nĂ©ral propose Ă la Cour de rĂ©pondre aux questions prĂ©judicielles de la manière suivante :
- 1) L’article 31, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, tel que concrétisé à l’article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil, du 4 novembre 2003, concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail,
doit être interprété en ce sens que :
il implique le droit de tout travailleur à un congé annuel payé, dont ce travailleur peut se prévaloir en cas de litige avec son actuel ou ancien employeur, qu’il s’agisse d’une entité privée ou publique.
- 2) L’article 7, paragraphe 1, de la directive 2003/88
doit être interprété en ce sens que :
il ne fait pas obstacle à un droit national qui autorise le cumul des congés annuels payés non pris sans fixer de limite à la période de report de ce congé, ni la durée d’une période de report raisonnable.