Emploi

Communiqué du Ministère du travail

La rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage est intĂ©gralement entrĂ©e en vigueur le 1er octobre 2021, avec des dispositions qui pourront Ă©voluer au 1er dĂ©cembre 2021 si la conjoncture continue de s’amĂ©liorer. Son objectif : encourager le travail.

Pour cela, quatre Ă©volutions sont mises en place : un bonus-malus pour les entreprises de sept secteurs, un nouveau mode de calcul de l’allocation chĂ´mage ainsi que de nouvelles règles sur les conditions d’éligibilitĂ© Ă  l’assurance chĂ´mage et la dĂ©gressivitĂ© de l’allocation chĂ´mage pour les plus hauts revenus.

Bonus-Malus

Depuis le 1er juillet 2021, il s’applique aux entreprises de sept secteurs fortement consommateurs de contrats courts afin de les inciter à proposer des contrats de meilleure qualité aux salariés.

  • Fabrication de denrĂ©es alimentaires, de boissons et de produits Ă  base de tabac ;
  • Production et distribution d’eau, assainissement, gestion des dĂ©chets et dĂ©pollution ;
  • Autres activitĂ©s spĂ©cialisĂ©es, scientifiques et techniques ;
  • HĂ©bergement et restauration ;
  • Transports et entreposage ;
  • Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d’autres produits minĂ©raux non mĂ©talliques ;
  • Travail du bois, industries du papier et imprimerie.

Ces secteurs ont été sélectionnés en mesurant, au cours de la période comprise entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019, leur taux de séparation moyen, un indicateur qui correspond au nombre de fins de contrat de travail ou de missions d’intérim assorties d’une inscription à Pôle emploi rapporté à l’effectif de l’entreprise. Tous ces secteurs ont un taux supérieur à 150%.

Ce sont 21 000 entreprises de 11 salariés et plus qui ont été concernées par cette mesure dès le 1er juillet et qui voient ainsi leur comportement en matière d’embauche observé. Si, à l’issue de ces douze mois d’observation, elles ont recouru aux contrats courts davantage que la médiane des autres entreprises de leur secteur, une contribution supplémentaire au financement de l’assurance chômage, pouvant aller jusqu’à 1% de leur masse salariale, leur sera demandée. À l’inverse, si, en comparaison avec les autres entreprises de leur secteur, elles ont proposé des contrats plus durables, elles pourront bénéficier d’un allègement de leur contribution.

À noter que les entreprises les plus impactées par la crise, comme les hôtels, cafés et restaurants (HCR), qui devaient initialement être soumises au bonus-malus, en ont été exclues à titre temporaire.

Afin d’accompagner ces entreprises, le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion mobilise un certain nombre d’outils :
 Unsimulateur. Il permet aux entreprises d’évaluer leur recours aux contrats courts par rapport Ă  celui de leur secteur ;
 Un guide sur les alternatives aux contrats courts qui est publiĂ© et diffusĂ© afin d’aider les entreprises Ă  proposer des contrats de meilleure qualitĂ© ;
 Un accompagnement en ressources humaines spĂ©cifique qui est proposĂ© et financĂ© par l’État pour les entreprises de moins de 250 salariĂ©s afin de faire Ă©voluer, si nĂ©cessaire, leur organisation du travail et leurs pratiques d’embauches. Ne dĂ©passant pas un maximum total de 30 jours d’intervention, cette prestation est dispensĂ©e par un cabinet de conseil en ressources humaines.

Le bonus-malus incite les entreprises à proposer des contrats plus durables et, ainsi, améliorer la qualité des emplois.

Un nouveau mode de calcul de l’allocation chômage entre en vigueur le 1er octobre

Il est dorénavant fondé sur la moyenne des salaires perçus sur une période de 24 mois précédant le chômage, et non plus sur les seuls jours travaillés pendant une période de 12 mois.
Un plancher a été mis en place pour limiter l’impact des jours non travaillés sur le montant de l’allocation chômage.

À noter que seuls les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi à compter du 1er octobre 2021 ou qui rechargent leurs droits à partir du 1er octobre 2021 sont concernés par cette évolution.

L’objectif : inciter ceux qui peuvent travailler davantage Ă  le faire tout en accompagnant plus longtemps ceux qui ont plus de difficultĂ©s Ă  retrouver un emploi. Ainsi, les demandeurs d’emploi qui alternent pĂ©riode de chĂ´mage et pĂ©riode d’activitĂ© pourront percevoir une allocation mensuelle moins Ă©levĂ©e, mais ils la percevront sur une plus longue pĂ©riode. Les personnes qui travaillent de manière continue et se retrouvent ponctuellement au chĂ´mage ne verront pas leur allocation chĂ´mage mensuelle Ă©voluer. Consultez le dĂ©cret paru au Journal officiel le 30 septembre 2021.

Par ailleurs, si la conjoncture continue de s’amĂ©liorer, deux catĂ©gories de dispositions, soumises Ă  une clause de retour Ă  meilleure fortune, entreront en vigueur au 1er dĂ©cembre : la durĂ©e d’affiliation minimale pour ouvrir un droit Ă  l’assurance chĂ´mage passera de 4 mois Ă  6 mois ; la dĂ©gressivitĂ© de l’allocation pour les plus hauts salaires s’appliquera au terme du 6e mois, et non plus du 8e mois.

Ces clauses de retour Ă  meilleure fortune prĂ©voient :

  • un nombre total de dĂ©clarations prĂ©alables Ă  l’embauche pour des contrats de plus d’un mois qui dĂ©passe le seuil de 2 700 000 sur une pĂ©riode de 4 mois consĂ©cutifs ;
  • un nombre de demandeurs d’emploi en catĂ©gorie A qui diminue d’au moins 130 000 au cours des 6 derniers mois.

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